Reuters

Sa taille, son poids, son corps en aluminium : l’iPhone 5 est superbe vu de l’extérieur. Mais que sait-on vraiment du processus de fabrication ? Conditions d’hygiène déplorables, surmenage, éthique douteuse… un journaliste chinois raconte.

Le New York Times avait déjà tiré la sonnette d’alarme en janvier au sujet des conditions des salariés chinois de l’usine d’Apple, dans une longue et passionnante enquête.

Le journaliste chnois s’est infiltré au saint des saints : la célèbre mais non moins mystérieuse usine Foxconn, à Taiyuan. En se glissant dans la peau d’un salarié comme les autres, il a eu accès à la dure réalité du travail à Foxconn. Il a ainsi pu livrer un récit pratiquement minute par minute de ses 10 jours de calvaire, publié un journal de bord. L’usine de Foxconn est célèbre depuis la manifestation géante de travailleurs en colère qui protestaient en mars contre leurs conditions de travail et les mensonges de la direction qui avait promis une augmentation de salaire, sans tenir sa parole.

Après 7 jours d’entrainement intensif, le journaliste a enfin pu participer de ses propres mains à la fabrication de l’iPhone au huitième jour.

Jour 1 : le recrutement : contrôle médical des employés, mais locaux pleins de détritus

Seules conditions pour travailler à Foxconn : être en bonne santé et pouvoir prouver sa citoyenneté chinoise. Un test médical est donc imposé aux futurs employés : comment se sentent-ils depuis les trente derniers jours ? Si le résultat est positif, ils peuvent grimper dans le bus en direction de l’usine.

Mais passer une nuit dans les quartiers résidentiels de Foxconn n’est pas une partie de plaisir, c’est même un « cauchemar » selon les termes du reporter. « Quand j’ai ouvert me penderie, une foule de cafard en est sortie et les draps qui étaient distribués aux nouveaux étaient maculés de saleté et de cendres« , témoigne-t-il.

Toutes les fenêtres sont munies de barreaux, peut-être destinés à empêcher les suicides.

Jour 2 : un accord de confidentialité encourageant la pollution toxique

Il est demandé aux employés de signer un étrange document. Cet accord de confidentialité les oblige à garder pour eux toutes les informations techniques, les chiffres de vente, les statistiques de production et les données de ressources humaines au sujet des secrets de Foxconn.

Mais le plus inquiétant se trouve dans la rubrique « potentiels effets nocifs qui peuvent être causés aux employés pendant la production » : les travailleurs doivent accepter tous les dangers, et même cocher la case « pollution toxique« .

Jours 3 à 6 : « Contentez-vous d’obéir »

Les employés sont ensuite formés aux précautions de sécurités et aux règles de l’entreprise. Au programme : 13 procédures de récompense et…. 70 procédures de punition. Martelé comme un mantra, la consigne essentielle : « obéir ». le formateur est clair : « Vous pourriez vous sentir mal à l’aise face à la façon dont vous êtes traités, mais c’est pour votre propre bien. »

Alors ? Toujours envie de débourser au minimum 700€ pour contribuer à cette forme d’esclavage moderne ?

Via Atlantico