Aug 28, 2014

Les médias en ligne peinent encore à trouver leur modèle économique. Alors que la presse écrite ne cesse de s’essouffler, la presse en ligne représente un défi de taille qu’il convient de mieux comprendre.  

 

Une “révolution de l’information”

Face à l’explosion de la masse de données disponibles, de nombreux groupes de citoyens se sentent aujourd’hui concernés par la diffusion de l’information. Internet représente alors une plateforme d’expression profitable. Il offre des possibilités inédites en terme de diversité des points de vue et de richesse des débats. Désormais, tout le monde peut ouvrir sa gueule, et personne ne s’en prive. Même si le point Godwin semble être atteint/dépassé/surpassé à chaque débat épineux, le citoyen n’est plus seulement un spectateur de la liberté d’expression. Il en devient acteur. En ce sens, nous assistons à une multiplication des sites d’information en ligne. Amateurs comme professionnels y trouvent leur créneau. Cela sonne comme un coup de marteau pour les médias traditionnels, qui tardent à prendre le virage proposé par l’ère numérique.

Le journalisme en transformation

L’ère du numérique représente une opportunité importante pour le monde du journalisme. Les possibilités offertes par le digital, ne serait-ce que l’interactivité des contenus, permettent de vitaliser un secteur de la presse en pleine évolution. La technologie a bousculé notre façon de s’informer. Le contenu ne suffit plus. Une info est souvent prise et reprise – parfois avec des similitudes qui frôlent le plagiat – par la plupart des médias traditionnels. L’information brute ne suffit plus, elle est partout. Le numérique permet alors d’apporter une valeur ajoutée aux articles, en les rendant plus dynamiques et plus vivants. La créativité constitue en ce sens un enjeu majeur. Il ne s’agit plus seulement d’informer, mais de traiter l’information avec originalité et pertinence.

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Avec l’arrivée d’internet, le journalisme a donc retrouvé une seconde jeunesse. En proposant des contenus gratuits, il a retrouvé cette indépendance tant compromise dans la presse écrite, tout en s’adaptant aux nouvelles façons d’appréhender l’explosion de la communication. Reste à savoir si l’information en ligne va réussir à trouver son modèle économique afin de proposer une véritable alternative aux contenus traditionnels.

Quel modèle économique pour les médias en ligne ?

C’est désormais une certitude : les médias en ligne créent de l’emploi. Une enquête publiée le mercredi 28 mars par le centre de recherche Pew révèle que les pure players aux États-Unis ont généré près de 5000 emplois à temps plein. Et pour la plupart ces 5 dernières années.

Même si peu de sites d’information en ligne parviennent aujourd’hui à trouver un modèle économique viable, ces derniers se tournent peu à peu vers d’autres sources de revenus que la publicité, dont les médias dépendent encore à 70%. Malgré un intérêt croissant pour internet chez les annonceurs (au détriment de la presse papier), une diversification des revenus semble être nécessaire pour pérenniser le secteur.

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Certains ont trouvé la solution : le crowfunding, ce nouveau mode de financement collaboratif qui donne lieu à tant d’articles élogieux. A juste titre, puisque ces dons constituent une jolie façon d’outrepasser une logique financière qui ne cesse de compromettre l’indépendance de l’information. Même si les médias ne peuvent se contenter de cette seule source de revenus, celle-ci permet toutefois à certains journaux de financer des reportages, des articles, voir le développement de certaines plateformes. Il faut cependant espérer que les lignes éditoriales ne soient pas tentées d’être “orientées” par de gros acteurs économiques, au point d’en perdre leur autonomie.

Pour ce qui est de la mise en place d’abonnements payants, soyons honnêtes : seuls les médias à très forte notoriété peuvent se permettre de mettre en place un tel modèle. Et encore… Le payant est un pari risqué. Si Mediapart semble y avoir trouvé son compte, avec 55 000 abonnés et des résultats nets bénéficiaires, The Times aurait perdu 90% de ses lecteurs en passant au payant.

 

Pour conclure

Les médias en ligne, d’abord imaginés comme un support complémentaire aux médias traditionnels, ont trouvé leur public et sortent peu à peu de leur précarité. La croissance des revenus publicitaires, ainsi que la diversification des sources de rentrée financière permettent au secteur numérique de revitaliser les médias, tout en précipitant la chute de la presse papier.

Une nouvelle ère semble donc amorcée, où l’information sera gratuite, interactive et surtout… en ligne.

 

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