Musique électronique : Ces clubs commerciaux qui se mettent à la page de l’underground

On assiste, en France, à une petite révolution. Les clubs, jadis pour la plupart des lieux dans lesquels l’alcool et la musique du top 50 coulaient à flot, peuvent devenir aujourd’hui des lieux dans lesquels de véritables performances musicales prennent place. 

Ces clubs, qui jadis se contentaient d’une playlist balancée sur clé par le DJ du coin, dépensent, quelquefois sans compter, dans des activités qui n’existaient pas encore il y a quelques mois au sein de leurs locaux : comme par exemple un directeur artistique, qui connait le milieu et la musique underground, les tendances (il faut tout de même faire ce qui marche, même en Indé), des bookings de qualité (recherches d’artistes pertinents), un système son de qualité, des tables de mixage vinyles et CDJ, et quelque fois même du matos pour les live. On investit aussi dans les lights, exit les vieux stroboscopes façon années 80, et voici comment transformer un club de province en nouveau club underground, capable de booker des grands DJ internationaux.

Les clubs s’adaptent à la réception d’un nouveau public

Pas question de se planter, en donnant l’impression que le lieu n’est pas adapté à ce type d’évènement. On augmente donc la surface du dance-floor, et de ce fait, la jauge du club, en virant les podiums, et les carrés VIP. A la place du champagne, on sert du club-maté, on ne se plante pas en proposant de la bière locale, et on ne vend quasiment plus de bouteilles de dur. 

Les clubs s’associent avec des associations locales, des tourneurs et des labels du coin pour attirer du monde tous les week ends dans leur antre. Car, si la politique a changé, en interne, on sait que le nerf de la guerre reste la notoriété, la fidélisation, et pour avoir des bookings de qualité, il faut également de la rentabilité. Aussi le rôle, de ce petit monde qui gravite autour des clubs doit garder en tête l’objectif de rentabilité.

Un club commercial et EDM qui devient chaud de la techno

Un avantage conséquent pour ces nouveaux clubs : pouvoir récolter des préventes, un système dur à mettre en place lorsque le DJ qui mixe dans votre club est le troufion du coin, qui balance à tout va du Eiffel 65 et les Lacs du Connemara avant la soupe à l’oignon. Des préventes plus ou moins chères suivant, entre autres, le cachet des artistes. C’est le cas du club LC à Nantes, un club commercial devenu club underground en quelques mois, grâce à l’aide du DJ David Asko, résident du club techno le Magazine, à Lille, qui s’occupe de la direction artistique, comme l’explique le magazine Trax.

Les collectifs ont besoin des clubs et vice versa

Les collectifs voient d’un bon oeil cet engouement nouveau des clubs pour l’underground. C’est le cas du collectif le Polyson, qui, à Lyon, en une année calendaire, a crée une association multiculturelle, proposant du contenu varié et de qualité aux clubs, grâce à une direction artistique soignée. Les soirées clubs permettent aux associations d’avoir une trésorerie saine, et de pouvoir investir un parallèle sur des projets hors clubs, souvent plus chers et plus compliqués à réaliser. 

 

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