Quand Uber mesure ton état d’ébriété avec une IA

Uber espère utiliser l’intelligente artificielle afin d’éviter aux chauffeurs et aux clients de partager des courses avec des gens trop saouls.

Mandatory Credit: Photo by WILL OLIVER/EPA-EFE/REX/Shutterstock

C’est CNN qui a pris note de cette demande de brevet effectuée par Uber. La start up américaine souhaiterait developper un processus afin de détecter le comportement ivre d’un utilisateur avant qu’il ne s’installe bien confortablement à l’arrière d’un Uber. Le système, décrit par les membres de l’équipe Trust & Safety d’Uber en 2016 et publié la semaine dernière, permet de prévenir les chauffeurs en amont de l’état d’ébriété du client avant qu’ils ne décident ou non d’aller le récupérer.

L’application serait à même de repérer, en amont, si le client est saoul ou non. Par exemple en fonction de la localisation de ce dernier (devant un club connu pour ses soirées arrosées), de comment il utilise le clavier sur l’application Uber (la précision avec laquelle il tape, le rythme de ses doigts) ou encore la manière avec laquelle le téléphone est tenu par l’usager, mais aussi sa vitesse de déplacement d’un point  A à un point B. Tous ces indicateurs, croisés avec les données de l’algorithme d’Uber,  permettront à l’Intelligence Artificielle de se faire une idée sur l’ébriété du client.

Un chauffeur prêt à prendre un passager particulièrement éméché recevra une notification sur son smartphone à l’avance, où il pourrait lui être demandé de venir chercher le client à l’endroit désigné, un peu plus tard afin de lui faire prendre un peu l’air et de désaouler jusqu’à l’arrivée de la voiture. En fonction de l’état d’ébriété de tel ou tel client seul un conducteur habilité et entrainé sera appelé.

Seul problème – et de taille – si ces personnes n’ont pas accès à un Uber, elles pourraient avoir recours à des modes de transport  (scooter, vélo, voiture) dangereuses sous l’influence de l’alcool. Un taxi permet justement aux utilisateurs qui ont bu de pouvoir rentrer tranquillement sans prendre leur véhicule. Ainsi, les chauffeurs Uber pourraient totalement délaisser les personnes ivres pour ne prendre que des individus qui sembleraient « clean ».

Deuxième problème, lui aussi de taille. Les conducteurs qui n’utiliseraient pas cet indicateur comme un moyen de dissuasion mais comme un tirage. Il y a eu plus de 100 cas d’agression et d’abus de la part des chauffeurs d’Uber ces quatre dernières années, selon The Verge. D’après des documents judiciaires obtenus par CNN, le dénominateur commun de nombreux cas était que les victimes étaient soit en état d’ébriété, soit totalement évanouies, pendant l’agression. Le dispositif d’IA prévu par Uber pourrait, en théorie, permettre aux conducteurs de repérer facilement leurs proies.

Uber a refusé de commenter ces questions.

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