« Vomitif », « Répugnant » : Lars Von Trier sème une nouvelle fois le trouble à Cannes

« The House that Jack Built » avec Uma Thurman et Matt Dillon

« The House that Jack Built », le nouveau thriller du réalisateur danois Lars Von Trier, est glauque à souhait. Banni du festival il y a quelques années, Lars Von Trier revient et sème une nouvelle fois la polémique.

Raviver la polémique. Après ses déclarations sur Adolf Hitler lors de la conférence de presse qui suivait la projection de Melancholia, Lars Von Trier, un réalisateur danois connu pour la cruauté mais aussi la beauté de ses films, a remonté finalement les marches du festival de Cannes, 7 ans après ses dérapages verbaux. Le réalisateur, face caméra, avait expliqué son adoration pour le 3ème Reich et l’idéologie nazie, devant un parterre de journalistes médusés.

7 ans plus tard, Von Trier présentait The House That Jack Built, un thriller avec Matt Dillon, Uma Thurman et Bruno Ganz. Un casting de haute volée, Lars Von Trier aimait réunir des acteurs talentueux sur ses plateaux, de Charlotte Gainsbourg à Kirsten Dunst en passant par Keifer Sutherland, Bjork, Catherine Deneuve ou William Dafoe.

Lars Von Trier, c’est aussi une succession de films splendides, comme Dancer In The Dark, qui lui a valu la Palme d’Or, mais aussi Melancholia, permettant àKirsten Dunst de remporter la Palme de la meilleure actrice à Cannes, mais aussi des films choquants comme Antichrist ou Nymphomaniac qui traitent de sujets délicats comme la mort ou le sexe ou la douleur.

The House That Jack Built image du film DR
The House That Jack Built image du film DR

Le dernier long-métrage de Lars Von Trier traite quand à lui du meurtre. De la folie meurtrière, un tueur appelé Jack montre son travail à l’écran, dans 5 chapitres, chacun dévoilant un meurtre différent. Ironie du réalisateur, alors que les femmes sont particulièrement mises à l’honneur cette année à Cannes, le film, qui est présenté hors-compétition, avec une mention spéciale expliquant qu’il comporte des scènes de violence explicites, montre des femmes se faire martyriser par un tueur sadique à la recherche de la beauté meurtrière. Un paradoxe qui n’a pas manqué d’irriter sur la Croisette, voir pire.

Car les invités et les journalistes qui souhaitaient se faire un petit coup de flippe en allant voir le dernier Lars Von Trier ont vite déchanté. Le film est glauque à souhait, voir même quelquefois répugnant, et le spectateur, pris dans une escalade de violence dont il est témoin, devient un véritable voyeur, le mettant dans une situation si embarrassante que certains ont quitté la salle avant la fin de la projection.

Une situation qui rappelle, pour les plus anciens, la projection à Cannes du film Irreversible de Gaspard Noé, qui avait suscité du dégout sur la Croisette, certains spectateurs ayants fuit la salle pendant la scène de viol impliquant Monica Bellucci.

Les journalistes américains, peu habitués à autant de violence dans les films, Hollywood ayant banni la violence depuis quelques années, n’ont pas supporté visionner un tel long-métrage. Très vite, les réactions de haine et de dégout ont fuit sur les réseaux sociaux.

Pour The Guardian , le magazine UK,  le cinéaste revient «dans une forme délirante avec ce film méchant et morne, particulièrement prétentieux, qui raille les injustices sexuelles». «Son drame est une épreuve d’énervement et d’horreur, aussi exaspérant qu’on pouvait le craindre même si son final spectaculaire le rachète un peu».

Le film n’aura pas de conférence de presse à Cannes. Uma Thurman, qui a dénoncé les agissements d’Harvey Weinstein, et qui joue une victime d’un tueur sadique sexuel dans le film, n’a pas fait le déplacement jusqu’à la Croisette, agaçant davantage encore les spectateurs du film qui n’ont pas pu poser la fameuse question à Lars Von Trier : pourquoi ?

Des journalistes, sur Twitter, parle carrément de leur pire expérience cinématographique.

Ce qui choquent aussi les spectateurs, c’est la violence faite sur des enfants.

Mais ce n’est pas tout. Lars Von Trier, 7 ans après avoir été banni de la Croisette sur ses propos sur le 3ème Reich, provoque une dernière fois en montrant des images de l’Allemagne Nazie, et même d’Hitler.

Génie ou fou provocateur, Lars Von Trier n’a pas fini de faire parler.

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