Interview : On a posé quelques questions à Siriusmo, producteur de génie

Le berlinois Moritz Friedrich alias Siriusmo, est un artiste à part, qui étale peu sa vie dans les médias. Producteur et DJ de grand talent, qualifié de génie par Boys Noize, il se fait plutôt discret. 4 ans après sa dernière release, il est revenu, en septembre dernier, avec un album, intitulé « Comic », hommage à sa plus grande passion, la BD. Ce peintre en bâtiment, devenu DJ, producteur sur le label Monkeytown Records, (dirigé par Modeselektor) est un personnage à part, plein d’humour, toujours fourré avec ses synthés, influencé par la dubstep et la house.

Siriusmo, en octobre dernier, tu étais invité par le H7 Warehouse à Amsterdam pendant l’ADE, pour un event aux côtés de Shed, FJAAK et Modeselektor, comment s’est passée la soirée ? 

Oui, top ! C’était un peu comme une « Klassenfahrt » (un voyage scolaire, NDLR). C’était génial de voir pas mal de gens que je n’avais pas vu depuis un bail, cool d’avoir un vrai contact et un vrai retour de leur part vis à vis de ma musique. J’ai pu écouter en live mes nouvelles tracks en soirée pour la première fois et c’était vraiment lourd ! 

Il parait que tu es un peu flippé à chaque fois lorsque tu dois jouer devant les gens, en club ou en festival. 

Oui, j’ai le trac, si c’est ça dont tu veux parler. Mais, ça peut avoir du bon, quelquefois. C’est bien d’être confronté à ça, ça me permet de faire face à mes propres problèmes et de me dépasser. 

Comment arrives-tu à travailler là-dessus ? 

J ‘essaye de ne pas trop y penser avant de jouer. Dans ma tête j’espère que ce moment de stress sera bientôt fini, et après les choses se passent vraiment bien. 

Tu ne sembles pas vouloir te fondre dans le moule de l’industrie techno actuelle, avec ses codes que l’on connait tous… Est-ce exact ? 

Je n’aurais aucun problème à le faire. Mais cela ne me correspond pas, et ça je ne peux pas le contrôler. Je fais juste de la musique, tel que je suis, et tant pis si ça ne plait pas à tout le monde. 

Tu as sorti ton troisième album, « Comic » sur Monkeytown Records, peut-nous le décrire brièvement ?

J’espère que cet album est divertissant, touchant et amusant. 

Comment as-tu préparé ton dernier album ?

Je suis sans cesse fourré en studio à tenter des choses. A un certain moment j’ai dû décider lesquels de tous les « croquis » que j’avais commencé pouvaient être finis, et je les appelle ensuite « chansons ».

Moritz, que dirais-tu de prendre un instant pour réfléchir à tes 18 années de carrière, et me dire quels sont les moments qui ont été les plus marquants ?

La, tu me poses une colle !

Les meilleurs moments sont quand tu es vraiment fier d’avoir accompli quelque chose, quand la magie opère en studio. Ces moments-là sont aussi inoubliables que quand j’ai commencé à faire des concerts, quand il y a soudainement plein de gens en face de toi, dans un lieu autour d’un public qui connait ta musique et qui est venu ici pour te voir, ça fait quelque chose, wow. Pendant un court instant, tu te sens comme une star ahahah. 

Pourquoi tes tracks sont aussi courtes ?

Ca je n’en sais rien, c’est vraiment du hasard. Parfois, après quelques années, tu te dis : « ok, celle-ci aurait mérité d’être plus longue, celle-ci plus courte ». Mais tu ne peux plus rien y faire !

D’où viennent toutes tes références et tes inspirations ?

D’environnements divers. De la musique, déjà, mais aussi au détour d’une conversation, de situations étranges, et de mes expériences. Je suis curieux ! 

Ton comic book préféré ?

Je suis un énorm fan de « FiL« , un berlinois. Ce mec est dessinateur de BD, écrivain… J’ai acheté son premier comic book appelé « ComiX » quand j’avais 15 ans, depuis c’est une sorte de dieu pour moi

Planche d'un comic book de FiL, artiste berlinois
Planche d’un comic book de FiL, artiste berlinois

Qu’as-tu fait lors de ces 4 dernières années ?

J’ai bossé, j’ai aidé des amis, et j’ai fait le con dans mon studio. 

Quel est ce personnage névrosé que tu nous présentes dans ton album « Comic » ?

Cela pourrait-être n’importe lequel d’entre nous ! 

Quelle place donnes-tu à l’humour dans ta musique ?

C’est un plus. Dans mon cas, je peux faire un peu ce dont j’ai envie, et je souffre d’un manque de compétences musicales ! Donc j’essaye seulement de faire de la bonne musique, de surprendre, et je mets au maximum ma personnalité dans ma musique, avec un humour démesuré parfois, mais ça peut être drôle, quelquefois, en quelque sorte. Tu comprends ce que je veux dire?

Comic, LP est disponible en ligne depuis le 15 septembre, en vinyl, en digital, sur le site du label Monkeytown.

 

 

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