Etude : La fin du monde est-elle pour 2182 ?

Armageddon, mais pour de vrai ?

Crédit photo : Wikimedia
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Jeudi 8 septembre, la sonde Osiris-Rex a décollé pour une mission très hollywoodienne : étudier Bennu, un astéroïde menaçant la Terre. Ce géocroiseur, grand comme deux Tours Eiffel, pourrait nous percuter vers 2182, avec la force de 1500 bombes d’Hiroshima.

Une chance sur mille. C’est la probabilité d’être percutés par Bennu – alias 01955 RQ36 – un colosse de glace de 560 mètres de diamètre, 2000 kilos et 4,5 millions d’années.

Cet astéroïde primitif, majoritairement composé d’eau, est connu depuis 1999. Classé deuxième géocroiseur le plus dangereux sur les 5000 objets recensés par la mission NEOWISE (pour Near Earth Object) de la NASA – après Didymos, ennemi spatial n°1 – il recevra la visite de la sonde Osiris, lancée ce 8 septembre, à la recherche d’informations sur sa composition. Elles permettront d’élaborer une stratégie pour le dévier, si sa trajectoire devenait trop menaçante.

La Vidéo décollage d’OsirisRex

 

En cas de collision, l’humanité risque un hiver nucléaire comparable à celui qui aurait causé la fin des dinosaures. La surveillance de Bennu est donc une priorité.

 

Est-il déjà trop tard ?

Selon une étude publiée dans le n°235 de la revue Icarus, il existe un risque élevé que Bennu nous percute, et plus de la moitié de cette probabilité concerne l’année 2182. Préciser cette date est très importante, car, pour avoir une chance de réussir, la tentative de déviation de l’astéroïde devra intervenir plus de 100 ans avant l’impact. Après quoi, il sera trop tard.

Il nous reste 80 ans pour agir

À moins qu’il ne soit déjà trop tard. Car, le chiffre de 2182 pourrait être faux. En cause : l’effet Yarkovsky, découvert en 2003, et selon lequel la trajectoire de tout objet spatial est influencée par son exposition à la lumière solaire et aux photons. Concrètement, Bennu pourrait être beaucoup plus rapide (ou lent) que prévu.

Rien n’est joué

La mission OVIRS  (Osiris-rex visible and infracted Spectrometer à 800 millions de dollars) se déroulera en deux temps. Entre 2018 et 2020, la sonde scrutera la surface de l’astéroïde à la recherche du meilleur spot pour son prélèvement. Ensuite, comme l’explique Jeffrey Grossman, scientifique de la NASA :

 « Nous toucherons [Bennu] pendant environ cinq secondes, nous prélèverons un échantillon et nous le rapporterons dans le vaisseau spatial. Ensuite, il sera envoyé vers la Terre ».

La vidéo du retour d’Osiris-Rex dans l’atmosphère 

Pour autant, rien ne sera joué, car l’échantillon sera « probablement friable », avoue Dante Lauretta, directeur de recherche à l’Université d’Arizona, « et ne survivra pas facilement au passage dans l’atmosphère », même s’il sera « protégé dans une capsule » qui devrait atterrir au milieu du désert de l’Utah en 2023. Restera-t-il quelque chose dans la capsule, ou tout cela aura-t-il été en vain ?

Armageddon, mais pour de vrai ?

Quoiqu’il advienne, la NASA a déjà un plan pour dévier Bennu. Et même plusieurs, comme on a pu le lire dans le magazine spécialisé Futura Sciences.

Le plus simple : y faire exploser une bombe nucléaire. Le plus fou : le faire fondre à l’aide de vaisseaux-miroirs réfléchissant la lumière du soleil sur sa surface. La plus cheap : crasher un vaisseau spatial sur sa surface.

Quel que soit le scénario retenu, Bennu, qui est encore à 450 000 km de notre orbite, excite déjà l’imagination de certains ufologues. Selon eux, l’astéroïde serait un « Chevalier Noir » guidé par des extraterrestres. Leurs preuves ? Bennu – qui tient son nom d’un oiseau mythique de l’Egypte antique – serait coiffé d’une pyramide, comme vous pouvez le lire ici ! Les astronomes évoquent un bug du logiciel qui « dessine » les astéroïdes à partir de calculs. Espérons qu’il n’y aura pas d’erreur de calcul au moment fatidique !

Par Jacques Tiberi

 

 

 

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