Désormais, vous pouvez vous mettre des cuites à l’huile de palme

Du Bénin jusqu’à New York, le Sodabi, on boit de la liqueur à base d’huile de palme !

Au Bénin, l’alcool local s’appelle Sodabi, du nom de son inventeur. Il s’agit d’une liqueur extraite des palmiers. Les new-yorkais en sont fans.

Sur le site SlateAfrique, on décrit le sodabi comme un alcool consommé « par snobisme qui devient un produit de luxe ». Pourtant, le sodabi n’est rien d’autre qu’un alcool frelaté consommé par certains habitants des villages autour desquels on trouve des palmiers. Car le Bénin fait parti des plus gros exportateurs d’huile de palme au monde, produisant pas loin de 57 milles tonnes de la précieuse ressource par an. 

L’huile de palme est principalement utilisée en tant que matière première dans l’industrie agro-alimentaire. Elle est utilisée lors de la transformation des produits. Végétale et naturelle, sa récolte pose de sérieux problèmes aux associations, à cause de la déforestation que sa récolte engendre, notamment en Asie.

Le Sodabi, l’alcool qui vient des palmiers

Il s’agit de l’huile végétale la plus consommée au monde, avec 35 % de la consommation totale dans le monde en 2017, cependant des médecins affirment que la consommation d’huile de palme participe activement à la hausse du cholestérol dans notre corps. Amnesty International a également dénoncé dans un rapport les conditions de travail désastreuses dans les plantations d’huile de palme, notamment en Indonésie.

Mais au Bénin, dans les plantations, on boit un extrait frelaté d’huile de palme, après le travail, pour se détendre. C’est cette même liqueur, mais de meilleure qualité, qui est surnommée  «vodka béninoise», et qui est servie aux touristes dans les hôtels, ainsi qu’aux expat.

Pourtant, durant le règne dictatorial du général Mathieu Kérékou, entre 1972 et 1989, il était interdit de boire du Sodabi. On en vendait sous le manteau, et le régime n’a jamais réussi à interdire sa vente et sa consommation. On en buvait en cachette, on en vendait sous le manteau. Aujourd’hui, le Sodabi est devenu un moyen pour les producteurs d’huile de palme de gagner plus d’argent.

Le Sodabi s’invite à la carte des bars à cocktail branchés de New York

Le Sodabi est tellement populaire qu’il s’invite de partout, y compris dans les campagnes électorales au Bénin. Il est utilisé comme un argument de propagande. Sa réputation est telle qu’elle a dépassé les frontières du pays. Selon le Huffington Post, les américains sont friands de la distillation d’huile de palme.

Gingembre ou fleur d’hibiscus + huile de palme

Un jeune américain, Jake Muhleman découvre le Sodabi en 2012, alors qu’il est voyage au Bénin. Très vite, il est devenu fan de la boisson, et a commencé à l’exporter dans son pays d’origine. Tant et si bien qu’un an plus tard, en 2017, le Sodabi s’invite à la table de certains des bars les plus réputés de New York.

La liqueur, autour des 45 degrés, compose la carte de bars branchés. Le secret de Jake ? Ajouter une valeur ajoutée au produit après distillation. Le produit vendu sous la marque « Tambour », au packaging soigné, est aux antipodes de l’alcool frelaté consommé dans les bars et les plantations au Bénin.

« Après la distillation, on ajoute un mélange de 14 ingrédients tropicaux, comme le gingembre ou la fleur d’hibiscus », explique Jake.

Quant à l’inventeur du Sodabi, un monsieur du même nom, aujourd’hui décédé, il n’a jamais déposé le brevet de son invention.

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