Le MoisSansTabac : E-cigarettes et HNB moins dangereux pour la santé ?

Alors que le gouvernement a lancé sa campagne de prévention contre la consommation de tabac, #MoisSansTabac, plusieurs produits sont présentés comme des alternatives à la cigarette. Qu’en disent les scientifiques ?

Arrêter le tabac pendant un mois. Mission impossible pour les gros fumeurs ? L’exemple du Stoptober britannique, dont s’inspire le #MoisSansTabac, tend à démontrer que les fumeurs sont prêts à jouer le jeu et à relever le défi. En Angleterre, 10% des fumeurs s’impliquent chaque année. Le taux d’arrêt longue durée est cinq fois plus élevé chez les participants que dans le reste de la population.

Le succès du Stoptober s’explique notamment par l’approche pragmatique du gouvernement britannique. Comme dans le cochon, tout est bon pour arrêter de fumer ! Au point que les participants à Stoptober se voient proposer des produits de substitution au tabac tels que des gommes à la nicotine, des patchs, ou des e-cigarettes et du « heat-not-burn » (HNB, ou tabac à chauffer, en français).

Une approche qui pose la question de l’attitude à avoir des médecins et des spécialistes de la santé publique face à ces produits de substitution, toxiques et addictifs… mais largement moins nocifs que le tabac. De deux maux, ne faut-il pas choisir le moindre ?

Patchs, e-cigarettes, HNB, autant de produits qui semblent permettre de diminuer sensiblement la consommation de cigarettes traditionnelles, et sur lesquels s’appuient de nombreux ex-fumeurs en sevrage. Une problématique en débat au niveau européen et résumée par la Chef de l’Unité de Prévention du Cancer du Centre de Recherche sur le Cancer allemand, Ute Mons :

« Même si nous devons essayer de réguler la cigarette électronique de la même manière que nous le faisons pour le tabac, les e-cigarettes restent attrayantes en tant qu’alternative potentielle au tabac ».

Le gouvernement anglais finance d’ailleurs les substituts à la cigarette sur la base d’études affirmant que la nocivité de la e-cigarette est de 95% inférieure à celle des cigarettes classiques.

Une analyse partagée par l’ancienne présidente de l’Institut portugais de Prévention contre le tabagisme, Pais Clemente, qui a expliqué, lors de sa récente intervention devant le groupe de travail du Parlement européen sur le tabac, « qu’il y a effectivement des différences entre, d’une part, les produits fumés, et d’autre part, les cigarettes électroniques et les produits du tabac sans fumée, qui émettent des vapeurs sans produire de fumée (responsable de la plupart des émissions de toxiques et produits chimiques cancérigènes). »

Pour autant, la toxicité et les risques d’addiction sont bien réels avec l’ensemble des substituts au tabac qui ne constituent pas une solution miracle dans la lutte contre le tabagisme. C’est l’implication de tous et l’assimilation par les populations des politiques de santé publique qui permettront de mettre un terme à l’épidémie de la cigarette.

 

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