Pour son nouveau projet, l’artiste performeuse Marina Abramović va recevoir 1 million de volts

Marina Abramović sacrifie son corps au nom de l’art

Marina Abramovic Photo Wikipedia Libre de droits
Marina Abramovic Photo Wikipedia Libre de droits

Marina Abramović est une artiste serbe de 71 ans. Elle est notamment connue pour des performances si dangereuses qu’elle a frôlé plusieurs fois la mort. Par son travail, Marina Abramović pose sans cesse des questions sur la nature même de l’être humain. Depuis 50 ans, ses différents projets nous aident à savoir un peu plus qui nous sommes, nous permet d’apprendre sur le contrôle de notre propre corps, et sur les codes qui régissent notre société et l’espèce humaine.

A 71 ans, Marina Abramović n’en finit plus de défrayer la chronique. Ses performances expérimentales sont allées bien au-delà des limites que l’être humain ne peut endurer. Alors que certains croient au slogan français du XIXe siècle «l’art pour l’art», tandis que d’autres pensent que l’art doit avoir un objectif moral, politique ou social, certains pensent que l’art doit satisfaire à la fois le sens moral et le sens esthétique. L’art de Marina Abramovic est le type d’art qui la pousse sans cesse, elle-même et le public, à réexaminer leur identité, à se questionner sur l’essence même de ce que nous sommes. La solitude, la douleur, la joie, la peine, tant de questions qu’Abramović pose à travers ses oeuvres, et dont personne n’a la réponse. Souvent de noir vêtue, elle se présente face à son public, qui participe à chaque fois à une expérience sociale hors du commun.

Marina Abramović est une performeuse serbe qui repousse toujours les limites

Depuis plus de 40 ans, au nom de l’art, la performeuse serbe n’a pas hésité à s’étrangler, respirer des gaz dangereux…. Et même bien pire. En 1974, Marina Abramović a tenté une expérience sociale qui lui a valu d’être reconnue dans le monde entier. Alors qu’elle est encore une jeune femme, elle s’est assise dans une salle, devant une audience, afin de réaliser son oeuvre maitresse, une oeuvre baptisée Rhythm 0, sans doute la plus dangereuse qu’elle n’ait  jamais tentée.

Une expérience sociale inédite et dangereuse

La scène se déroule au Studio Morra, à Naples, en 1974. Marina Abramović n’a alors que 27 ans. Seule face à une audience, elle devait rester immobile et impassible, invitant le public à venir lui faire tout ce qu’il souhaitait. Autour d’elle, 72 objets divers, dont certains étaient des armes de poing ou des couteaux. L’audience a été autorisée à utiliser ses objets sur elle. Avec Rhythm 0 Marina Abramović voulait tester les limites de la relation entre un artiste et le public. Elle a interchangé les rôles de chacun, le public devenant le protagoniste principal de la scène.

Et si oeuvres d’art et oeuvres philosophiques, dans leurs façons d’être au monde, tissaient de profondes correspondances, souvent même à l’insu de leur créateur ?, demandait Philippe Grosos dans son ouvrage « Le réversible et l’irréversible ». La performeuse, aujourd’hui âgé de 71 ans, incarne l’essence même de l’art corporel. Quand l’art ne se définit pas que par la plastique, l’esthétique, mais par sa portée philosophique, morale, disruptive, sociale, émotionnelle et culturelle.

Par son travail, elle a cherché son identité à travers la perspective des autres ainsi que l’identité et la nature de l’humanité. Comme l’explique le philosophe Pierre Bourdieu, il est possible de faire l’expérience de l’œuvre d’art avec succès lorsque la culture mise en œuvre par l’artiste est identique à la «compétence artistique» du spectateur. Mais qu’en est-il lorsque la performance dépasse ce qui est considéré comme acceptable, transformant ainsi le corps humain en objet ?

Les performances expérimentales de Marina Abramović visant à explorer son potentiel physique et mental, lui ont offert une réputation de femme forte, mais lui ont valu aussi de remporter un prix à la Biennale d’Art Contemporain de Venise pour son oeuvre « Balkan Baroque » en 1997 à la Biennale de Venise. Une oeuvre plastique controverse qui traite de la guerre dans les Balkans, sa terre natale.

La prochaine oeuvre de Marina Abramović sera tout aussi dangereuse. En 2020, alors que l’artiste aura 73 ans, elle sera accueillie à la la Royal Academy of Arts de New York afin de réaliser une performance hors du commun. Elle devra s’électrocuter avec 1 million de volts, tant et si bien qu’elle pourra éteindre une bougie du bout de ses doigts grâce à son champ électrique. L’artiste, via une machine, se chargera en électricité.

Il s’agit ici d’une oeuvre sociale, qui risquerait fort de faire parler une nouvelle fois de Marina Abramović dans les années à venir. Elle avait déjà fait une performance à New York, en 2010, une performance de 700 heures appelée Artist Is au Museum of Modern Art

 

 

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