Interdiction de manifester : le gouvernement en plein désaccord

Au lendemain d’énièmes dérapages lors des manifestations contre la loi « travail », le gouvernement se questionne quant à l’application de l’interdiction de se rassembler, sans réussir à s’accorder.

Gouvernement cherche consensus désespérément

Au lendemain d’énièmes dérapages lors des manifestations contre la loi « travail », au cours desquelles l’hôpital pour enfants Necker a notamment été pris pour cible par des casseurs, Manuel Valls et Jean-Jacques Urvoas ont répondu aux interrogations des journalistes concernant de potentielles interdictions. Quand l’un l’envisage, l’autre l’exclut.

Mercredi 15 juin, Manuel Valls et Jean-Jacques Urvoas s’exprimaient simultanément à la radio. Interrogés respectivement aux micros de France Inter et France Info, le Premier ministre et son garde des Sceaux se sont notamment prononcés sur le terrorisme (alors que deux policiers ont été assassinés par un djihadiste, lundi soir dans les Yvelines), l’état d’urgence, et l’interdiction des manifestations anti-loi « travail », qui ont récemment été le théâtre de nombreux débordements.

Ne plus organiser de manifestations sur Paris

« Le pire serait que le gouvernement prenne une décision d’interdictions des manifestations organisées par la CGT », a précisé Jean-Jacques Urvoas au micro de France Info. Pour le garde des Sceaux, cette situation est « normale » et interdire les manifestations est complètement exclu.
Manuel Valls a estimé de son côté qu’il relevait de la responsabilité de l’organisation syndicale de ne pas organiser de manifestations susceptibles de déraper. Il a appelé la CGT à « ne plus organiser de manifestations sur Paris » et, rappelant qu’une interdiction générale restait exclue, le Premier ministre a indiqué que « nous (le gouvernement NDLR) prendrons nos responsabilités (…) au cas par cas », laissant entendre que des manifestations pourraient être interdites.
Manuel Valls a aussi fustigé « l’absence de contrôle des syndicats, des organisateurs de manifestations sur leurs propres manifestants ».

Le gouvernement avait déjà fait preuve de peu de consensus au sujet de l’article 2 de la loi « travail », qui constitue le cœur des revendications syndicales. Le ministre des Finances, Michel Sapin, avait indiqué qu’une refonte en surface de l’article était envisageable tandis que Manuel Valls avait affirmé qu’il n’était pas question de le toucher.

article 2

Depuis le début des contestations sociales sur la loi « travail », 250 personnes, des « casseurs » essentiellement, ont été incarcérées dans le cadre de procédures judiciaires engagées auprès de 753 personnes interpelées.

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