Après les échecs Gourcuff, Garcia et Bielsa, la Ligue 1 est-elle hermétique au beau jeu ?

3 des entraineurs les plus « joueurs » de Ligue 1 se font virer à un peu plus du tiers du championnat

En l’espace d’une semaine, la Ligue 1 a perdu 3 de ses meilleurs entraineurs : Oscar Garcia, Marcelo Bielsa et Christian Gourcuff.

Photo Eurosport
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Quel est le point commun entre l’ASSE, le Stade Rennais et le LOSC ? En l’espace de quelques jours, ces 3 clubs, qui devraient flirter avec le premier tiers du classement de Ligue 1, ont tous 3 virés leur entraineur. Or, ces derniers sont tous des fervents disciples du beau jeu. Serait-ce la preuve que la Ligue 1 n’aime pas les entraineurs ambitieux, qui prônent du beau jeu ?

« On va travailler sur beaucoup de choses qu’on doit changer… mais le club aussi a beaucoup de travail » Oscar Garcia

Tous les 3 l’ont déclaré. Le travail sera long, et dur. Mais ils espéraient réussir avec leurs principes. Après la signature d’Oscar Garcia à Saint-Etienne, après les années Galtier, l’entraineur catalan, fan du beau jeu estampillé Johan Cruyff, n’avait pas hésité, lors d’une de ses premières conférences de presse, à interpeller ses dirigeants via les médias : « On va travailler sur beaucoup de choses qu’on doit changer… mais le club aussi a beaucoup de travail ». Christian Gourcuff, après la victoire contre Marseille (1-3) en septembre dernier au Vélodrome, avait l’air confiant  » On avance, on a un projet de jeu, un projet de club » déclarait-il. A cet époque, dirigeants et entraineur semblaient tirer dans le même sens. On a vu le résultat, deux mois plus tard.

Ces 3 entraineurs n’ont même pas eu six mois pour travailler cette saison. Leur manque de pragmatisme, l’absence de résultats et les diverses frictions avec les boards de chacun des clubs. La trêve internationale aura fait mal à ces 3 coachs. Et sans doute à la Ligue 1.

Gourcuff, Oscar Garcia, Bielsa, les raisons d’un échec

A Lille, le projet de Gérard Lopez, le nouvel actionnaire principal du LOSC, repose avant tout sur Bielsa. La star, c’est lui. Il doit coacher et gérer une ribambelle de jeunes joueurs dénichés par Luis Campos, ancien directeur sportif de l’ASM. Une paire de dirigeants, Lopez, Campos, qui veulent avant tout faire du business, façon AS Monaco, en recrutant des pépites, coachées par Bielsa, qu’ils revendront une saison ou deux avec une belle plue-value. Mais l’absence de résultats immédiats a fait peur à Lopez, qui ayant emprunté de l’argent avec des taux très élevés, a besoin de faire du trading de joueurs rapidement pour équilibrer son bilan comptable. Et comment faire du business de joueurs avec un club 18ème de son championnat ? Il fallait prendre une décision. Et dans ce cas-là, c’est toujours l’entraineur qui trinque.

A Saint-Etienne, l’échec du beau jeu

Dans le Forez, le duo bancale de dirigeants Caizzo Romeyer a du prendre une décision similaire. Peu import le recrutement raté, l’amateurisme du directeur sportif et les querelles internes. C’est Garcia qui saute, car il n’y a que le terrain qui compte. Après avoir sondé des entraineurs (une vingtaine, selon les médias), avoir hésité entre Raineri, entraineur défensif, qui a finalement signé à Nantes, l’ASSE se rabat sur un jeune entraineur, une solution pour le long terme, histoire de redorer un peu le blason vert. Oscar Garcia, ancien joueur du FC Barcelone, débarque à Saint-Etienne, sans trop savoir où il mettait les pieds, pour se faire une carte de visite. Les cartes, justement, il va très vite se rendre compte qu’il ne les a pas en main.

Le duo au sportif, Wantier / Rocheteau, ne s’intéresse pas à la liste de recrues voulues par Garcia, pour jouer offensif. Et Garcia se retrouve à devoir composer avec les moyens du bord, avec un effectif médiocre, avec pour seuls attaquants valides actuellement, Bamba, Soderlund et Monnet Paquet…. Difficile de prôner le beau jeu avec un tel trio. Alors, Garcia, fait du Galtier. Jouer à 3 milieux défensifs, possession stérile, déchets techniques…. Avant de se faire humilier lors du derby, il avait ruminé son amertume dans les médias…

Gourcuff paye les mauvais résultats de son club

Pour Gourcuff, la donne est différente. Christian Gourcuff est arrivé sur le banc la saison dernière, et résultat, le Stade Rennais est en crise sportivement. Rennes,  truste la 15e place, la faute à ses 6 points après 9 journées – autant que le 19e du championnat, Dijon. Il fallait prendre une décision pour Pinault, et Olivier Létang, nouveau président. Sabri Lamouchi, inexpérimenté au poste d’entraineur, remplacera Christian Gourcuff.

3 entraineurs ambitieux virés au milieu de la saison

Le constat est amer. Avec Emery, Favre et Gourvennec, ces 3 entraineurs sont sans doute les plus joueurs du championnat. Adeptes d’un jeu de possession, basé sur l’intelligence tactique, qui colle assez peu aux bonnes vieilles valeurs de notre Ligue 1, qui mise en priorité sur la rigueur défensive et l’impact physique avant le bagage technique.

Garcia, un manque de communication avec les dirigeants de l’ASSE

On peut également se poser des questions sur le mode de gouvernance de ces clubs, et la qualité toute relative de leurs effectifs. Toutes proportions gardées, dans ces clubs voulant jouer le haut du tableau, il est difficile de dégager un ou plusieurs joueurs de haut niveau, mis à part Stéphane Ruffier, Loic Perrin, et peut être Tiago Maia. Il semble périlleux pour un entraineur étranger de pouvoir imposer ses idées dans notre championnat, d’autant plus si les moyens ne sont pas mis en oeuvre pour lui faciliter la tache.

Oscar Garcia n’est pas venu avec son staff à Sainté. Il n’avait pas de relais dans l’équipe pour faire passer son message. Les directeurs sportifs et les présidents n’ont pas voulu de son recrutement. Verdict ? Si un club de Ligue 1 veut changer d’ère et souhaite devenir un club prônant le beau jeu, il faut confier les rennes à un entraineur / manager, et non tenter le pari d’un coach sur 6 mois, avant de le virer. Le recrutement, le centre de formation, tous doivent tirer dans le même sens.

Quel avenir désormais pour ces 3 clubs ? Et quel avenir pour notre championnat ? Vu la liste des entraineurs cités pour remplacer Bielsa, on peut légitiment penser que le LOSC ne va plus privilégier le beau jeu…

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