Lyon : Que pensent les fidèles de la pédophilie dans l’Eglise ?

Le film Spotlight met en avant les abus sexuels d’hommes d’église sur des mineurs. A Lyon, une histoire vieille de 20 ans a refait surface. Que pensent les fidèles à ce propos ?

Avec la sortie de Spotlight, qui a remporté l’Oscar du meilleur film 2016, à propos de l’enquête sur des prêtres pédophiles à Boston, une question revient quotidiennement dans les médias : comment une institution des plus importantes comme le Vatican a pu cacher de tels crimes ? Il aura fallu une enquête du Boston Globe, ainsi qu’un prix Pulitzer, pour prouver que la pédophilie dans le monde clérical est malheureusement bien une réalité. Qu’en pensent les fidèles ? Ces faits ont-ils ébranlé leur foi ? L’entrain pour la traditionnelle messe du dimanche matin a-t-il diminué ? Ont-ils encore confiance en l’institution ?

Spotlight : un film qui accapare l’actualité

Sortie le 27 janvier, le film est accompagné de nombreux articles sur un prêtre lyonnais accusé d’actes pédophiles entre 1986 et 1991, le père Preynat. L’histoire, qui a éclaté au grand jour l’an dernier, a ressurgi dans les médias le 15 janvier dernier. Simple coïncidence ou libération de la parole des victimes ? Nous sommes allés poser des questions à différents prêtres et fidèles dans la région de Lyon pour savoir ce qu’ils pensaient de ces actes mais aussi du film, ce dernier occupant une grande place dans le monde du cinéma mais aussi de l’actualité car celui-ci a raflé pas moins de six nominations aux Oscars, et remporté l’Oscar du meilleur film.

Les fidèles tiennent leur position

A la sortie de l’église Saint Nizier, située au cœur de Lyon dans le deuxième arrondissement, nombreux sont les jeunes en couples ou non, avec ou sans enfants, mais aussi des personnages plus âgées, qui sortent de la messe. Celle-ci affiche complet comme la plupart des dimanches. En atteste, certains sont même obligés de suivre l’office depuis le fond de l’église, debout. Premier élément de réponse : en ce qui concerne le deuxième arrondissement de Lyon, il y a encore du monde qui a la foi.

Lorsque la question sur la pédophilie fait surface, certains fidèles préfèrent ne pas en parler : « Je ne suis pas la personne la mieux placée pour vous parler de cela, » nous répond un individu. Tandis que d’autres s’en donnent à cœur joie quand on leur demande si ces divers scandales ont altéré leur foi : « Pour nous cela n’a aucunement altéré notre foi, pourquoi imputer la faute à toute une communauté quand une seule personne est fautive ? » rétorque un couple. Certains n’étaient même pas au courant : « Je ne savais même pas qu’un film était sorti sur le sujet, » avoue un jeune homme. Intox ?

Eglise St Nizier
Eglise St Nizier, située dans le deuxième arrondissement de Lyon. © Jean-Baptiste Bornier

« L’acharnement sur Monseigneur Barbarin est quelque peu injuste », selon le curé de la paroisse de St-Nizier.

L’enquête de pédophilie sur le père Preynat a avancé, mettant en cause le Cardinal Barbarin, archevêque de Lyon. Ce dernier, au courant d’actes de pédophilie sur de jeunes scouts, entre 1986 et 1991, ne l’aurait pas dénoncé, mais aurait tout fait pour étouffer l’affaire en le tenant éloigné des enfants. Le père François, qui officie à Saint Nizier, a un avis mitigé sur la question : « Plusieurs fidèles m’ont parlé du film et l’on trouvé vraiment très bon ! Je ne l’ai pas vu mais d’après ce que j’ai pu en entendre, le film resterait objectif. Par contre je trouve que tout ce qui a été fait sur Monseigneur Barbarin est quelque peu injuste. Il a pris des moyens dès qu’il a été au courant, et à partir de ce moment là il n’y a pas eu de nouveaux problèmes. Cependant il est bien sûr normal que les médias en parlent, mais cela n’a pas joué sur le nombre de fidèles présents aux messes. »

 

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