Les anti-Trump ont un plan pour l’empêcher d’entrer à la Maison Blanche

Certains grands électeurs – qui doivent l’élire définitivement le 17 décembre – menacent de retourner leur veste. Une première dans l’histoire des États-Unis.

À force de provoquer la Chine, nommer des militaires et milliardaires au gouvernement, la peur gagne les rangs des grands électeurs. Certains chercheraient même à faire barrage à Trump lors du vote du final du 17 décembre à midi.

 

Trump n’est pas encore Président

Depuis, le 5 décembre, un grand électeur républicain du Texas, Christopher Suprun, a annoncé au New York Times qu’il serait « infidèle » (faithless) et ne voterait finalement pas pour Trump. Et il ne serait pas le seul. Depuis plusieurs mois, deux grands électeurs démocrates – Michael Baca et Bret Chiafalo – tentent de retourner leurs homologues Républicains.

Pour eux, les grands électeurs ont le devoir de voter contre leur camp si le Président-élu ne dispose pas des « qualités nécessaires à la fonction », selon un principe édicté en 1788 par le Père Fondateur Alexander Hamilton.

Les grands électeurs seraient donc le dernier rempart constitutionnel face à Donald Trump, qui ne devrait sa victoire qu’à « la propension aux basses manigances et aux petits arts de la popularité », pour paraphraser Hamilton.

C’est le message relayé depuis plusieurs jours par une poignée de stars, dont Martin Sheen et Moby, dans une vidéo pleine d’émotion.

Leur stratégie n’est pas de faire élire Clinton, mais un candidat Républicain alternatif : John Kasich, John McCain voire Mitt Romney.

Il leur reste cependant encore à convaincre 37 grands électeurs Républicains, au minimum. « The Donald » n’aurait alors plus les 270 électeurs nécessaires à son élection définitive. Dans ce cas, il reviendrait au Congrès d’élire le Président.

Improbable, pas impossible

Tout comme l’élection de Trump, ce scénario est improbable, mais pas impossible.

« Il est possible, tout juste possible, que dans les six prochaines semaines, il se passe quelque chose, quelque chose de fou, auquel on ne s’attend pas », espérait Michael Moore sur NBC.

Certes, FairVote.org ne compte que deux électeurs infidèles sur les 7 dernières élections présidentielles.

Mais, dans 25 États sur 51, aucune loi n’interdit aux grands électeurs de voter pour qui bon leur semble. De plus, les infidèles ne risqueraient pas grand-chose : une amende de 500 ou 1000 dollars selon leur État.

Ils recevront d’ailleurs le soutien du constitutionnaliste démocrate Lawrence Lessig, qui a créé une plate-forme à leur intention : « The Electors Trust ».

Selon Lessig, entre 20 et 30 grands électeurs seraient déjà prêts à retourner leur veste. Une information qui n’est cependant confirmée par aucune autre source, et même considérée comme un mensonge par le Wall Street Journal.

Lawrence Lessig
Lawrence Lessig, Droits Harvard

Autre petit problème : les gouverneurs des États pourraient remplacer les grands électeurs infidèles. La juge Elizabeth Starrs, du Colorado, a déjà appelé à limoger ceux qui ne voteraient pas Trump lundi prochain. C’est pourquoi le professeur Vincent Michelot, spécialiste des États-Unis, estime que « tout cela relève de fantasmes d’activistes progressistes ».

Cependant, l’affaire des cyberattaques russes, soupçonnées d’avoir avantagé Trump, pourrait apporter de l’eau au moulin des « infidèles ». Comme l’affirme le député Démocrate Jim Himes : « tant que le Comité Electoral n’a pas voté… rien n’est joué ».

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