Des salariés de chez Pernod Ricard accusent leur employeur de les obliger à boire de l’alcool au travail

Des salariés de la maison Pernod Ricard accusent leur employeur et leurs supérieurs de leur avoir mis « une pression permanente » pour boire de l’alcool pendant leur temps de travail.

Deux anciens commerciaux de chez Pernod Ricard et un troisième commercial toujours en poste dénoncent des pratiques pas très catholiques de la part de leur employeur et respectivement ancien employeur. Selon eux, PR leur a fait subir beaucoup de pression pour consommer de l’alcool. Dans les colonnes du Parisien, ils dénoncent une culture de la consommation d’alcool portée par le groupe. Si Pernod Ricard a réfuté ces accusations, une enquête est en cours.

Une politique d’incitation à l’alcool chez Pernod Ricard ?

Dans un reportage publié par le Parisien, on lit que les quelques 650 commerciaux devaient « donner l’exemple au quotidien », pendant leurs tournées. Comprenez plutôt : il faut picoler, avoir l’air drôle et sympa, payer des tournées.

Dans les bars, les discothèques et les restaurants, les salariés de chez PR doivent être « Créateurs de convivialité », selon le slogan du groupe. Si l’on se réfère aux témoignages de certains salariés, les supérieurs hiérarchiques n’hésitent pas à inciter leurs commerciaux à créer des liens avec les clients, notamment en buvant quelques coups avec eux, afin de favoriser les ventes. Julien, 42 ans, commercial chez Pernod Ricard, s’est confié dans les colonnes du Parisien.

«Dans les bars, discothèques, fêtes de mon secteur, on a un budget pour offrir des pastis aux clients et on consomme avec eux, encouragés par notre hiérarchie»

déclaration de Julien, commercial du groupe, en litige devant les prud’hommes, dans un article paru dans le Parisien

Julien profondément marqué par son expérience, continue les confidences dans les colonnes du quotidien :

« La devise de Ricard, c’est : fais-toi un ami par jour. Je picolais tous les jours, à force, ça devient une habitude »

Julien, 42 ans, commercial chez Ricard

Alors que Julien a porté l’affaire devant les prud’hommes, le groupe a refuté ces allégations et explique avoir mis en place un numéro vert anonyme pour recueillir les témoignages des salariés.

Selon un expert, Julien, qui a fait un burn out, souffre d’un « état anxiodépressif caractérisé » qui résulte « certainement, directement et exclusivement, de l’exercice de sa profession ».

Emmanuel Vouin, le responsable presse de chez Pernord Ricard, a fait une déclaration. Il explique avoir « régulièrement ce genre de questions ». Selon lui, il y a une tolérance zéro pour l’ensemble du groupe. « On applique une tolérance zéro. Il n’y a pas de culture de l’alcool, ni aucune directive, ni incitation, sous aucune forme, à consommer. »

N’oublions pas que l’alcool tue 41000 personnes par an, selon les statistiques.

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