Le Fils de Saul : On a assisté à la première du Grand Prix du Festival de Cannes 2015

FocuSur est allé pour vous à l’avant première de Le Fils de Saul, Grand Prix du Festival de Cannes 2015, avec la présence du réalisateur, László Nemes.

Thierry Frémaux et László Nemes
Thierry Frémaux (à gauche) et László Nemes (à droite) ©Jean-Baptiste Bornier

Le Fils de Saul aborde l’enfer des camps sous un nouvel angle

László Nemes, jeune réalisateur hongrois de 38 ans a réalisé un film coup de poing. Il a pris pour sujet les « Sonderkommandos », des groupes de prisonniers juifs dans les camps de la mort, devant accueillir et rassurer les nouveaux arrivants avant de se faire tuer. Leur mission ne s’arrête cependant pas là. Ils doivent ensuite se débarrasser des corps et nettoyer les pièces avant le « nouvel arrivage ». László Nemes est l’un des rares réalisateurs qui s’attarde sur ce qui s’apparentait pourtant à une routine à l’époque. 

Un tournage éprouvant

Le tournage s’est fait sur une vingtaine de jours, une durée qui, selon le réalisateur, est plus que ridicule. En effet, avec un temps de tournage aussi court, personne n’a le droit à l’erreur, chaque instant compte. Des usines désaffectées dans la banlieue de Budapest ont servi de décors. La création d’un four crématoire pour certaines scènes a été nécessaire, un élément qui amplifie  une ambiance déjà pesante sur le plateau.

Ne pas avoir une vision d’après-guerre

Le sujet ne prête pas à rire et les acteurs ont dû donné beaucoup de leur personne. Le premier rôle, Géza Röhrig, a perdu plus de 20 kilos pour avoir le rôle, en arrêtant de se nourrir… Le réalisateur a du tourner des scènes très difficiles, avec des acteurs complètement nus, trainés d’un bout à l’autre du plateau, afin de rendre le film plus réaliste.

Il fallait donner ensuite une cohérence à tous ces éléments. Pour Nemes, une grande partie du travail a été de ne pas avoir une vision d’après-guerre, une vision de 2015. Les acteurs, comme lui, ont du travaillé leur point de vue, leur vision pour que le film paraisse le plus réaliste possible (contrairement à « La Liste de Schindler » de Spielberg).

 László Nemes
László Nemes ©Jean-Baptiste Bornier

« Je me suis sentie mal, d’ailleurs j’en ai encore la nausée… » – une spectatrice.

Après la séance, la salle est sous le choc. Le film est terrifiant de réalisme, le spectateur ne se repose jamais durant les 107 minutes qui composent ce film, la subjectivité y est pour beaucoup. L’imagination est ce qui le plus demandé au spectateur. Car les plans les plus choquants sont vus à travers Saul.. On le voit en premier plan, tandis que le reste de l’image est flou. La profondeur de champ ici n’existe pas, ce qui décuple l’imagination et donc le ressenti que chacun peut avoir face à ce genre de scène. Le son joue lui aussi un rôle important, comme le disait Nemes «  l’image restreint les possibilités, avec le son hors-champs nous avons voulu montrer qu’il y avait autre chose derrière l’image que cela ne s’arrête pas là. »

En effet l’absence de musique et l’ajout de bruits alentours, notamment des cris, des coups de feux permettent aux spectateurs d’être en immersion totale. On vous déconseille cependant ce film si vous êtes sensibles, ou trop jeunes. Dans la salle, nombreux ont fait part de leur mal-être, beaucoup ont été choqués par des scènes dures mais particulièrement réalistes, et donc, réussies.

Le Fils de Saul, un hymne à la liberté

Un très beau film avec une mise en scène loin d’être médiocre et un tour de force pour László Nemes de réussir un film comme celui-ci avec très peu d’expérience derrière la caméra. Un tour de force qui lui permet d’obtenir le Grand Prix du festival de Cannes 2015, une récompense, qui, à la suite de ce long-métrage, se justifie largement. On attend avec impatience son prochain film.

Plaque remise à László Nemes dans la rue du Premier film à Lyon
Plaque remise à László Nemes dans la rue du Premier film à Lyon ©Jean-Baptiste Bornier

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