Quel est le plus gros con du cinéma français ?

Le con, personnage central du cinéma français

A l’occasion des 20 ans du film « Le Diner de Cons » signé Francis Veber, Focusur revient sur la place du con dans le cinéma français. Qui fut le meilleur interprète du con?

Le metteur en scène Francis Veber a consacré une grande partie de sa carrière à déballe sur grand écran la condition humaine, et tout particulièrement la connerie. Grâce à lui, le mot con n’est plus un gros mot, et les cons ont l’air beaucoup plus sympathiques, rendant le mot moins vulgaire et moins blessant. Car le cinéma de Francis Veber, c’est avant tout les aventures d’un con qui est devenu un héros l’espace d’une heure 30.

On est toujours le con de quelqu’un

Dans « Le Diner de Cons », Pierre Brochant (Thierry Lhermitte) et ses amis se rassemblent chaque mercredi pour un diner un peu spécial. Ils invitent une pointure de la connerie, un homme souvent incompris, qui vient parler de sa passion. Un passionné de boomerang qui peut parler de son hobby pendant des heures, ou encore un fan de maquettes construites avec des allumettes (Jacques Villeret, aujourd’hui disparu). Ce con porte un nom dans les films de Veber : François Pignon. Ce même François Pignon qui, l’espace d’une soirée, causera la séparation de Pierre Brochant avec sa femme, le fera haïr de sa maitresse, lui causera un contrôle fiscal, par le pire contrôleur fiscal de la place, très remonté car il vient d’apprendre, grâce à Pignon, qu’il était cocu.

Pignon, lui s’en sort indemne dans Le diner de Cons, contrairement à tous les autres protagonistes pour qui la rencontre avec Pignon changera le cours de leur vie. Alors, qui est le con après tout ça ?

Les cons dans le cinéma français sont des imbéciles heureux

Les cons français au cinéma sont davantage des imbéciles heureux que des cons à l’américaine. Les personnages interprétés par Ben Stiller ou encore Jim Carrey n’hésitent pas à se moquer de leur entourage, pourtant aussi mal loti qu’eux. Les cons français sont des personnes simples d’esprit, qui n’ont pas un ego surdimensionnée, bien au contraire. Dans « Mes meilleurs copains » de Jean-Marie Poiré, le réalisateur des « Visiteurs » met en exergue la connerie de Jean-Pierre Darroussin et d’une bande de potes qui se retrouvent des années plus tard. Ici aussi, le con est mignon et attachant.

Dans la Cité de la Peur, Simon Jeremy (Dominique Farrugia) est un con gentil et neuneu, entouré de Chabat, lui aussi con notoire. Il fait parti de ces cons que l’on adore dans notre cinéma.

Dans « La Chèvre », un film toujours signé du master of jerk, dickhead, moron ( à vous de choisir la traduction exacte en anglais pour le mot con), Depardieu à le rôle du spectateur, le rôle de celui qui témoigne devant caméra de la stupidité du protagoniste de l’histoire, le con en chef François Pignon, ce coup-ci interprété par Pierre Richard.

Pierre Richard, durant les années 70-80, a joué dans un nombre incalculable de films dans lequel il avait le rôle du con. Un con gentil, irritable, aussi peu à l’aise avec ses mains que peu disposé à se servir de sa tête. A la manière de Mr. Bean, il joue de malchance à chacune de ses sorties et est totalement gauche.

Nous sommes loin, donc, de la caricature du con que dressait Pierre Desproges : « le con est bête, il croit que le con c’est l’autre ». Parce qu’il est ainsi le con ordinaire, persuadé de sa supériorité naturelle sur l’animal, sur son collègue de bureau, son voisin de table, son compagnon de voyage dans les transports en communs, sur la pseudo vedette de téléréalité, comme l’expliquait Dominique Bry  le 3 décembre dernier.  Le meilleur exemple de ce type de con : sans doute OSS117. Moqueur, raciste, sexiste, le personnage d’OSS 117 représente une époque révolue.

Nous avons tous besoin de cet individu plus bête et plus chétif que nous. Les émissions de téléréalité l’ont bien compris, et le marché du con tourne à plein régime. Des personnages sulfureux comme Nabilla Benatia ont pu bâtir une carrière entière en jouant ce personnage.

« Définir la connerie n’est par définition qu’une connerie de plus » (Yvan Audouard)

Les Tuches sont les cons gentils, qui deviennent riches en jouant à l’Euromillions, et se comportent, en dépit de leur nouveau statut, comme de simples gens, qui n’hésitent pas à dépenser leur ancienne paie annuelle dans un truc totalement inutile. Parce qu’ils n’ont pas la notion de l’argent, ils en deviennent à la fois attachants, mais aussi énervants ! Rien de pire qu’un con riche. D’autres émissions, telles que Confessions Intimes ou Tellement Vrai, ne donnent pas leur part aux chiens quand il s’agit de parler de cons. Brice De Nice, aussi con que hautain,

Le con tient une telle place dans la sphère télévisuelle française que le groupe M6 prépare un documentaire pour le moins décalé qui traitera de l’image et de la place du con dans la littérature et le cinéma populaire. La chaine Paris Première fait actuellement un casting, à la recherche de cons, afin de tourner un documentaire sur les cons en hommage au « Diner de Cons ».

« Vous vous sentez parfois con, on vous le dit souvent. Petit, gros, grand, brave, etc. Cherche cons à interviewer pour un documentaire diffusé sur Paris Première. Tournage Paris / non rémunéré« . extrait du communiqué publié par Paris Première.

https://twitter.com/BrDondero/status/1044827817211506688?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1044827817211506688&ref_url=https%3A%2F%2Fwww.huffingtonpost.fr%2F2018%2F09%2F27%2Fpour-les-20-ans-du-diner-de-cons-paris-premiere-cherche-des-cons_a_23543312%2F

« Le temps ne fait rien à l’affaire, Quand on est con, on est con. Qu’on ait vingt ans, qu’on soit grand-père, Quand on est con, on est con. Entre vous, plus de controverses, Cons caducs ou cons débutants. Petits cons d’la dernière averse, Vieux cons des neiges d’antan« . La chanson de Georges Brassens est toujours d’actualité.

De son côté, le journaliste et psychologue Jean-François Marmion vient de consacrer un livre aux cons. Avec une interview de Nabilla, et des réponses toujours aussi croustillantes.

Car oui, la connerie fait vendre. Cinéma, livres, reportages, téléréalité. La connerie est autour de nous. Mais les vrais cons, ceux qui ne sont pas dans vos films préférés, les opportunistes, les menteurs, les voleurs et les tricheurs, eux ne changeront jamais. Quand on est cons, on est cons.

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