Entretien : Nellie Olson, du trottoir au Radiant, de Walnut Grove à Caluire !

Vendredi 27 novembre, Nellie Olson a illuminé le Radiant de son rock inspiré de la new-wave 80’s, mais carrément dans l’air de son temps.

En effet, le mélange de l’inspiration de leur jeunesse et de la maturité de leur musique, due à l’expérience que ces habitués de la scène rock lyonnaise ont engrangé depuis leurs débuts, donne à la musique de Nellie Olson le caractère « peste » du personnage de la Petite maison dans la prairie dont le nom est inspiré (avec un « e » d’écart), et la fraîcheur des (bons) groupes de rock naissants. Après un premier album, We Are Noisy, diablement efficace (avec des morceaux marquants tels que 1966 ; Maria Gate (en français) ; ou encore Ghost In The Chamber, le groupe se représente de plus en plus sur scène, notamment ce soir-là, au Club Bellevue du Radiant de Caluire. Composé de Christophe « Tito » Navarro (basse, voix), Jérôme Anguenot (guitare), Jean-Jacques « JJ » Fraillon (batterie) et Stéphane Pétrier (voix), le groupe a régalé une salle composée d’étudiants comme de quarantenaires, du début à la fin, révélant également de nouveaux morceaux, en prévision d’un second album.

Rencontre en coulisse avec Jérôme et Stéphane, quelques minutes après la fin du concert.

© Anne-Laure Desperrier
© Anne-Laure Desperrier

Pouvez-vous raconter la genèse du groupe ?

Stéphane : On se connaît depuis très longtemps. Tito et JJ faisaient partie d’un groupe du début des années 1980, assez connu à Lyon, Aurelia Kreit. Jérôme les connaissait du lycée, et moi, j’allais les voir en concert, j’aimais beaucoup ce qu’ils faisaient ! De mon côté je faisais partie du Voyage de Noz, un autre groupe lyonnais. Au fur et à mesure des années, on est devenus amis. Et puis il y a quelques années, pas si longtemps que ça, la femme de Jérôme nous a dit « pour mon anniversaire, ce que j’aimerais, c’est que vous fassiez un groupe tous les quatre. » Alors on l’a fait, on a notamment chanté des reprises des Libertines, ça lui a plu, ça nous a plu aussi !

Jérôme : On a bien rigolé, et puis on a décidé de continuer, au bout d’un certain moment on a composé, et quand on a eu une dizaine de morceaux, on a fait un album.

S : C’était un peu une étape pour nous, on a pu passer à autre chose. Depuis on a composé de nouveaux morceaux, on essaye de nous renouveler un peu, et je trouve qu’ils sont bien les nouveaux morceaux. Ils sont même mieux. Et on espère pouvoir faire un deuxième album rapidement.

J : Sûrement qu’il sortira l’année prochaine.

Par quels artistes avez-vous été inspirés ?

S : Bah on avait tous des styles de musique en commun, notamment les musiques brésiliennes, le reggae… Et après on est tous issus du rock new-wave des années 1980, donc il nous a forcément influencés ! Et si tu veux que je cite des artistes… je dirais Joy Division, Cure, le Marquis de Sade…

Vous avez donc sorti un album, We Are Noisy. Comment le présenteriez-vous au public qui ne vous connaît pas encore ?

S : C’est difficile de répondre… Déjà, on travaille comme si on avait dix-huit ans. Cet album il est fait de beaucoup de fraîcheur.

J : Oui, et ça se ressent sur tout l’album. Je trouve vraiment que c’est un bon album !

S : C’est moi l’auteur des textes, et d’habitude je galère beaucoup à écrire. Alors qu’avec ce groupe, c’est très spontané, simple, rapide. Ça fait du bien, que ce soit si simple.

Sur les onze morceaux de l’album, un seul est en français. Pourquoi ce choix ?

S : Dans d’autres groupes, je chante en français. Dans ce groupe, je raconte tout autre chose. En chantant en anglais, je peux aller là où je ne suis pas encore allé.

J : Et c’est venu rapidement avec Nellie Olson, de choisir l’anglais.

S : Je m’éclate à écrire en anglais, j’ai une idée, le lendemain le texte du morceau est terminé.

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© Damien Orsat

Vous êtes monté sur scène plusieurs fois ces derniers mois, ce soir c’est le Radiant. C’est une sorte d’accomplissement pour vous ? Et comment ça se passe pour jouer dans une grande salle comme celle-ci, ce sont eux qui viennent vers vous ou l’inverse ?

S : Oui, c’est sûr qu’il y a plus de pression.

J : Ça représente quelque chose, c’est certain.

S : Les gens viennent pour te voir, et paient pour toi ! Ce n’est pas rien. Et du coup il y a plus de pression, parce que tu te dois d’être à la hauteur.

J : Le 21 juin, on a joué sur un trottoir pour la Fête de la Musique, devant cinquante personnes et c’était génial ! C’est bien de varier aussi avec ce genre de concert un peu plus intime. Mais le Radiant, c’est super quand même !

S : Et pour la façon dont ça s’est fait, en fait ce sont eux qui nous ont demandé. On connaît pas mal de gens dans le monde de la musique sur Lyon, donc on les connaissait. Mais ils n’étaient absolument pas obligés de nous faire confiance, il y a une certaine reconnaissance quand même de jouer ici.

Sur l’album, il y a une chanson que j’ai beaucoup aimée, 1966. Pourquoi cette année ?

S : Nous sommes tous nés cette année-là, tout simplement !

Que pensez-vous de la scène rock française, et qui écoutez-vous parmi les artistes populaires ?

J : J’ai beaucoup aimé le revival guitare des années 2000, c’est très bien, il y a une belle évolution tout en reprenant des valeurs sûres.

S : Bah c’est Jérôme qui m’a fait découvrir, et j’ai beaucoup aimé le premier album de BB Brunes, c’était frais. Et même la suite, l’EP en anglais, etc… Sinon en français mais pas francophone, j’aime beaucoup The Do. Et dernièrement, j’ai trouvé l’album de Fauve intéressant, même si ce n’est pas vraiment « rock ».

J : En moins récent, je suis fan du premier album de Mademoiselle K.

Et des filles ?

S : En français pas tellement… En fait j’écoute beaucoup plus de mecs en général, mais mes meilleurs concerts sont ceux de deux filles : Björk et Camille.

J : Moi c’est Patti Smith, elle m’a fait pleurer.

© Damien Orsat
© Damien Orsat

Le 13 novembre dernier, on a attaqué la musique française, la culture française. En tant que musiciens, comment avez-vous réagi ?

S : En fait… Je n’ai pas réagi. J’ai préféré ne pas réagir, ne rien dire, je n’en avais pas envie, vu ce qui se passait, vu ce qui se disait. Au début du concert, ce soir, ce que j’ai dit, « il y a des gens que ça fait chier qu’on fasse du bruit… On va continuer. », c’est ça, ma réaction.

J : Moi, ça m’a tétanisé, vraiment. Mais je n’avais pas envie d’en parler non plus… Les gens disent tellement de conneries !

Et vous jouiez autour de cette date ?

J : On jouait ce soir-là. On l’a appris en descendant de la scène… C’était l’horreur.

Bon, repassons à quelque chose de plus gai pour terminer… Je vais vous faire deux propositions, vous me dites chacun de vous deux laquelle vous préférez :

Louise Attaque ou Noir Désir ?

J et S : Noir Désir.

Prince ou Michael Jackson ?

J : Prince et S : « aucun, impossible de choisir ».

Pink Floyd ou The Doors ?

J et S : The Doors.

U2 ou Police ?

J et S : Police.

Gainsbourg ou Renaud ?

J et S : Gainsbourg.

Mozart ou Beethoven ?

J : Beethoven et S : aucun.

Pop ou Rock ?

J et S : Rock.

Concert en stade ou en Zénith ?

J et S : Zénith.

Un verre de whisky ou de vin ?

J et S : Vin.

Indiana Jones ou James Bond ?

J : Indiana Jones et S : James Bond.

Guitare ou piano ?

J et S : Guitare.

Lamborghini ou Ferrari ?

J : « Ferrari, mais uniquement pour Magnum » et S : aucune.

© Damien Orsat
© Damien Orsat

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