Dimensions Festival: on a passé 5 jours au coeur de l’underground croate

Crédit: Kate Berry
Crédit: Kate Berry
Crédit: Rob Jones
Crédit: Rob Jones
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Après cinq jours intense de festival, l’univers et l’ambiance du Dimensions Festival vont vraiment nous manquer. Cette édition réunissait une masse de festivaliers incroyables et survoltés, débarqués directement au coeur d’un monde enchanté similaire à une map de World of Warcraft. Le Dimensions s’est étendu durant jours et 5 nuits (avec en bonus le concert d’ouverture avec Kraftwerk en 3D et Nils Frahms). Chaque jour se transformait en une expérience des plus uniques, et à la fin, nous avions la vague impression de faire parti d’un communauté underground. Focusur vous a concocté un résumé bien trempé. 

 

Un festival à marée haute: les festivaliers étaient d’une humeur incroyable (certainement pour rentabiliser leurs tickets en dansant le plus possible). Mais aussi à marée basse : Dimensions se déroulait dans un fort abandonné à Pula; ressemblant à une immense cour de récréation pour jeunes adultes. Nous avions rarement vécu un festival comme cela: chaque scène est dans une ambiance différente, comptant son lot d’artistes éclectiques paré d’une audience complètement zinzin. En nous promenant, nous avons fait la rencontre de Fares, festivalier alternatif, muni de cordes autour du cou descendant jusqu’à une ceinture de chasteté dissimulée. Cet accoutrement berlinois médiéval ressemblait au jeu du “tirer la queue du cochon”: si on soulevait la corde, cela lui tirait ses joyaux de famille. Il nous raconte que la veille, il “dominait” un Espagnol en le faisant marcher à quatre pattes dans la ville de Pula. Pour finir, son collègue soumis, lui a massé les pieds pendant qu’il rédigeait ses emails pour le travail. Oui, le Dimensions se compose aussi de rencontres WTF.

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Woov est officiellement l’application de l’année. Permettant de localiser tes amis perdus dans le festival (plus besoin de totem lumineux pour te repérer) ou même de créer des groupes type « Queer Dimensions ». Avec l’application, le festival  communiquait sur les alertes météo : respect aux organisateurs pour leur gestion et leur transparence lors des tempêtes.

Le jeu « Spot the Creature »: le but? Trouver la personne dans un état de déchéance avancé afin de gagner des points. Mais comment gagner? Tout simplement en passant la nuit avec la créature la plus arrachée du festival. Personnellement, nous n’avons toujours pas compris le concept.

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Crédit: Tonton Rodrigue

Coup de foudre à la première écoute

Est-ce que l’on recommanderait le Dimensions Festival à un ami? Absolument. Est-ce que certaines choses auraient pu être améliorées? Bien sûr, rien n’est parfait, pas même Elon Musk. Il est certain qu’une majorité du budget du festival a été consacré aux artistes internationaux (Nina Kraviz, Bonobo). Malheureusement, cela se traduit par un manque de jeux de lumières (le stroboscope, oui, mais non merci), créativité et d’efforts artistiques.

Cependant, les stands “funkys” de costumes, coiffure et chicha étaient à la hauteur. Vous pouviez vraiment vous refaire la façade. Concernant la nourriture, ne vous attendez pas à du 5 étoiles (en même temps qui se rend à des festivals éléctro pour manger?). Beaucoup de festivaliers nous ont dit qu’ils en avaient marre de la nourriture, façon cantine de collège, et qu’ils étaient déçus par la qualité. Mais ne laissez pas cela vous abattre, le Dimensions s’améliore chaque année, pour vous proposer un festival hors du commun.

Dimensions offre un lineup varié, composé d’artistes lunaires de la musique électronique. Ceux qui se sont démarqués de la centaine d’artistes présents ne sont autres que Peggy Gou, Bonobo, Palms Trax, Helena Hauff, Hunee, Moddyman, Nils Frahm, Avalon Emerson, Ezra Collective, Volovox, Bebetto and Molirano.

Nils Frahm nous a servi un DJ set sur plateau doré lors du concert d’ouverture, situé dans un amphithéâtre romain datant de 2000 ans. Nils, une bénédiction des dieux grecs, lorsque l’on remarque son expression artistique et sa passion: un équilibre parfait entre musique classique et électronique a absout l’audience de tout ses pêchés. “c’était comme floter dans l’espace”, nous confie un festivalier. Une expérience divine. Moodymann s’est occupé du closing avec un set énergique serti de tubes groovy (incluant les mixs de Fatima Yamaha “What’s a girl to do” et des sons de Crazy P). Nous laissant assoiffés pour la suite des hostilités.

Peggy Gou, artiste primé aux AIM Awards de Londres cette année, n’était rien d’autre que AMAZING. Il est difficile de mettre en mots à quel point nous admirons cette femme et son travail. Après avoir mixé son fameux track  live “It makes you forget”, notre affection pour ce son, n’a fait que s’accroître. Peggy Gou, ou “Peegy Gooooood” est un peu comme les Rolling Stones: un artiste à voir avant de mourir. Produisant des tracks de qualité, uniques, influencé par des beats acid/deep house. Allez faire un tour sur son Instagram, “so fucking good”.

La découverte croate: Bebetto, le coup de foudre à la première écoute. C’est en errant dans le festival que nous avons découvert ce prodige croate mixant dans la Ballroom. Un set techno, dont les basses retentissait dans notre cage thoracique tel un rythme endiablé. Puis, le meilleur pour la fin: le set de Bonobo durant 7h50 nous propulsant dans le cosmos, en même temps que le lever du soleil.

Dimensions, merci pour cette expérience, quelle aventure. Nous avons hâte d’être présents l’année prochaine.

 

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