La fin du clubbing payant ? Cette asso lyonnaise y croit, et amène l’esprit « rave » en club

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Le Diskret Lyon

Aucune lumière dans le club, simplement quelques néons et de bons nuages de fumée pour une ambiance « rave ». 

On essaye d’apporter un vent de fraîcheur en proposant des artistes émergents moins connus mais tout aussi doués

Chacun peut venir passer la soirée complète, deux heures, ou juste boire un verre

J’ai rencontré Victor et Othmane de chez Koud’Pokr et Particules, qui souhaitent apporter un vent nouveau à la teuf lyonnaise en proposant un format club 100% gratuit. Leur premier event, le 5 avril prochain au Diskret, réunit un guest international, Phillip Jondo, résident de l’excellent Salon des Amateurs, mais aussi Les Fils de Jacob, programmateurs du Positive Education et Jessaka, programmateur de Spiral Dance, des personnalités qui brisent eux aussi les tabous par la musique qu’ils jouent, les lieux qu’ils investissent, les formats de soirées qu’ils proposent. Avec un objectif : revenir à l’essence même de la rave, celle de faire kiffer le public, une bouffée d’air frais qui pourrait donner des idées à d’autres programmateurs.

Chez Focusur, nous sommes partis d’un constat qui est que les amateurs de musique ne veulent plus sortir en club pour dépenser de l’argent (beaucoup d’argent) pour voir des artistes qu’ils ont déjà vu. Que souhaitez-vous apporter de nouveau à l’univers du clubbing en proposant un format de soirée gratuit ?


De notre côté nous avons fait exactement le même constat ! Les prix des cachets des artistes s’envolent, donc le prix des soirées aussi, et à force, le public fini par se lasser d’avoir vu les mêmes artistes trop souvent. On essaye donc d’apporter un vent de fraîcheur en proposant des artistes émergents moins connus mais tout aussi doués. C’est un vrai un parti pris artistique dans la mesure où à Lyon, c’est soit la course aux artistes les plus « bankable » soit les petits noms de qualité dans les petits club (du style, Upsammy et Jensen Interceptor au Terminal ce weekend…).

On laisse la chance à ce genre d’artiste et à la scène locale de s’exprimer dans un grand club rempli ! Enfin, en proposant une entrée gratuite on permet au plus grand nombre de venir. Chacun peut venir passer la soirée complète, deux heures, ou juste boire un verre, l’idée étant de faire tomber le frein que peut représenter le prix d’un billet. 

 Cependant, les clubs sont désormais boudés par certains car il y a trop de contraintes, notamment au niveau des horaires et des tarifs pratiqués au bar, mais aussi car les clubs bondent leur salle au maximum. Quelle est votre politique à ce sujet ?


Nous avons choisi Le Diskret car il dispose d’une assez grande capacité, et son espace étant très bien agencé, on ne s’y sent jamais à l’étroit. Comme l’entrée est gratuite, l’idée de remplir le club au delà de sa capacité n’a pas lieu d’être. Le club est d’ailleurs très pointilleux sur ce point et ne nous autorise pas à dépasser sa jauge maximale. 
En plus, le Diskret est un des rares clubs à Lyon qui puisse fermer plus tard que 5h, donc tant que les gens sont chauds on peut pousser un peu !

Quel message souhaitez-vous faire passer en proposant ce format de soirées ?


Un peu à l’image de ce que fait Weather en ce moment, on veut proposer quelque chose de nouveau, qui soit simple et efficace ! Fini la course au gigantisme qui est en train de s’opérer depuis quelques années, il suffit simplement de bons artistes, d’un lieu sympa, et d’un prix à la cool pour que les gens se rassemblent et partagent de bons moments les uns avec les autres. On va également porter une attention toute particulière à la scénographie qui s’annonce très singulière avec aucune lumière dans le club, simplement quelques néons et de bons nuages de fumée pour une ambiance « rave ». 

 Votre premier invité est un résident du Salon des Amateurs, quelle est votre direction artistique ? Que pensez-vous de la scène de Dusseldorf portée par Vladimir Ivkovic et Lena Willikens notamment ? 


On y voit clairement le futur de la musique électronique ! Ce sont des artistes qui étaient peu connus il y a 2 ans et qui aujourd’hui explosent complètement. Et pourtant, ça fait un moment qu’ils tournent ! Ils ont réussi à sortir des barrières qu’il peut y avoir entre les genres (house, techno, electro, trance, etc), et ils proposent des choses ultra dynamiques, très pointues et toujours adaptées aux lieux où ils jouent. Leur style est très singulier, basé sur le depitch de musiques et d’une trance progressive basée sur la montée et non pas les drops. Sans parler de leurs qualités de diggers… L’histoire de Ivkovic est assez incroyable, on vous conseille l’article de Resident Advisor sur lui ! 

 Allez-vous par la suite organiser des soirées hors des clubs ? 


On y réfléchit ! Ce n’est pas prévu pour l’instant, mais on croit vraiment en notre démarche et on la portera aussi loin que l’on pourra.

 Quelles sont vos prochaines dates ?


Le 5 avril on fait notre première avec Phillip Jondo, résident du Salon des Amateurs, Les Fils de Jacob, programmateurs du Positive Education et Jessaka, programmateur de Spiral Dance. En somme, quatre gars qui ont retourné des teufs et lieux renommés pour leur niveau de qualité.
Le 3 mai avec la protégée de Mall Grab, Nite Fleit, accompagnée du duo César & Jason que l’on adore, et de nos résidents A.Silentio et De Santi.
Et enfin le 14 juin avec un plateau 100% féminin de passionnées : la résidente du Rote Sonne à Munich, Clara Cuvé, la fondatrice de Cytochrome, Diane et notre résidente Olivia Mendez.

Plus d’infos sur l’évènement Facebook.

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