On est allés faire la fête au Weather Festival LSM

Après plus de deux années d’absence, le Weather Festival a fait son grand retour samedi dernier  pour un nouveau format dans un lieu unique : la Seine musicale à Boulogne-Billancourt. 

Pour cette édition nouveau format du Weather, nous nous retrouvons dans un lieu unique et flambant neuf à Boulogne-Billancourt, la Seine-Musicale. Cet espace partagé entre expositions éphémères, point de rencontre et organisation de séminaires sur l’île Seguin, fera office de boite de nuit géante pour les organisateurs du Weather. Inauguré en 2017, le flambant neuf bâtiment en forme de vaisseau spatial a ouvert ses portes de 20h à 10h pour un évènement qui se voulait cette fois-ci avant-gardiste, voire futuriste.

« Warehouse du futur » ?

L’architecture du lieu a permis aux organisateurs de ne pas lésiner sur la scénographie. Parlant même de « Warehouse du futur », les promesses ne manquent pas et nous pénétrons dans les lieux en début de soirée. La warehouse mythique des anciennes usines Renault se prépare à vibrer aux DJs sets et lives rythmés de Tryphème, Red Axes, Pilotwings ou encore Sentiments. 

Grosse nouveauté par rapport aux précédentes éditions, au hasard des différents couloirs de la Seine Musicale, on retrouve la Blossom Stage qui accueille les Boiler Room. Stage de transition, elle permet de se poser loin ou près des DJs enchainant les tracks.

Oko DJ sur la scène Boiler Room
Oko DJ sur la scène Boiler Room


Car l’équipe du Weather n’a pas fait les choses à moitié. On retrouve 3 scènes, avec la Wormhole en guise de scène principale. La troisième scène, High/Light, a marqué par ses jeux de lumière et ses plafonds bas, donne l’impression d’être en nightclub underground parisien des années Rave. 

Weather Festival LSM photo scène

Points positifs et négatifs à propos de l’organisation

Point positif : Des points d’eau, bars dans tous les recoins, et grands espaces fumeurs à l’extérieur (on notera le plus sur les WC de la soirée !), ainsi qu’une Weather Kitchen en cas de fringale nocturne (Kebabs, Burgers et même Pates), ont marqué le confort des festivaliers.

Weather Festival LSM photo extérieur

Points négatifs : et surement gros raté de la part des organisateurs, l’alcool inaccessible entre 2 heures et 5 heures du matin du à la non-obtention de la licence nécessaire a mis en colère quelques festivaliers, pensant pouvoir s’abreuver de quelques bières et autres cocktails. Si l’on devait faire la fine bouche on émettrait également une remarque sur les vestiaires, trop petits et vites remplis, qui ont obligés certaines personnes à danser et jongler avec la garde de leurs effets personnels. On retiendra de cette organisation et du lieu des points à améliorer, mais surtout la promesse du renouveau de la fête venant de l’expérience Weather.

Un plateau d’artistes émergents en opposition aux lines up des gros festivals

En effet, pour mettre sur orbite son public, le festival a proposé, sur trois scènes, un plateau d’artistes émergents ou moins exposés que ceux que l’on a l’habitude de voir dans les gros festivals. Ne pouvant pas se démultiplier, il y a donc eu des choix à faire, qui sont même parfois devenu des casses-têtes tant il y avait de performances intéressantes à voir.

Des live et des DJ sets de qualité

A notre arrivée, Alva NOTO délivre dans la salle principale, le live de son dernier album « Unieqav » déjà présenté et acclamé à la Gaité Lyrique l’année dernière entre techno expérimentale et drone. La main room-le Wormhole Stage- est large et aérée, avec une belle hauteur de plafond pour une scénographie soignée.

Comme il y a un an, le maître de l’ambient et de l’IDM accompagne son live d’un visuel d’ondes sinusoïdales synchronisées sur les fréquences de sa musique pour décupler l’expérience sonore. Placé si tôt dans la soirée, on pouvait être déçu de voir un artiste d’une telle envergure oublié par une grande partie du public, mais il n’y a finalement pas de meilleure entrée en matière possible pour introduire le reste du plateau et poser le cadre du festival. C’est là le rôle de l’artiste surement le plus respecté du line-up.

Lui succède après l’inclassable Lanark Artefax dont le morceau « Touch Absence » signé sur Whities peut être considéré comme l’un des tracks de l’année 2017. L’écossais a le droit à une scène à part sur le stage pour mettre en forme le live audiovisuel dont l’artiste n’est pas le centre de l’attention. Sa musique, combinant voix et synthés et dont les sonorités rappellent parfois Aphex Twin ou Autechre, est donc au service de la mise en scène pensée pour son live.

Blossom Stage, une stage Boiler Room

On switche ensuite sur le Blossom Stage, le plus petit floor situé au cœur du festival. La coréenne Park Hye Jin débute son set pour Boiler Room pour sa première venue à Paris. Les vocals sont à l’honneur que ce soit avec des classiques de Chicago ou lorsqu’elle agrémente des morceaux de house rêveuse de sa voix au micro.

Puis on revient dans la main room, où la dernière résidente de Concrète, Deena Abdelwahed a repris possession de la scène principale. La tunisienne, déjà adoubée pour le live de son dernier album Khonnar distille cette fois ci un DJ-set aux percussions et rythmiques orientales d’une maîtrise technique impeccable. 

Dans les couloirs, on s’est arrêté discuter avec l’association « Consentis », qui a pour but de faire de la prévention sur les violences sexuelles en milieu festif.

Direction ensuite la dernière scène qui vient d’ouvrir au sous-sol. En chemin, on s’arrête pour voir Kosh, le représentant d’un des labels du moment, Casa Voyager, qui est venu en remplacement de dernière minute d’OCB, pour un live d’électro au groove implacable.

Le High/Light Stage avec vue sur la Seine

Au sous-sol, le High/Light Stage avec un plafond plus bas donne l’impression d’être en club et bénéficie d’une belle vue sur la Seine pour le futur sunrise. Les deux lyonnais de The Pilotwings démarrent leur live tropical au rythme lent et aux sonorités tribales et trance. 

Weather Festival LSM photo scène
Weather Festival LSM photo Pilotwings

En peak-time, le généreux Kink retourne la main room avec un live hyperactif de house parfaitement calibré pour une salle de cette taille. Déception de taille quant au soundsystem qui manquait un peu de puissance et de volume.

Sur l’autre scène, c’est le trio Flegon qui met littéralement le feu dans le Blossom Stage avec une sélection festive de haut niveau entre house et disco.

Un B2B entre Eris Drew et Octo Octa hyper énergique

Mais l’un des temps forts du festival a été sans aucun doute le back to back entre Octo Octa et Eris Drew au sous-sol. Une semaine après avoir embrasé le Kalt à Strasbourg, les deux artistes américaines ont une nouvelle fois offert une débauche d’énergie et une leçon de mix de rave oldschool et de house 90’s.

Pour finir, enfin -pour ce qui nous concerne- sur le Blossom stage par la canadienne Ciel qui est l’une des artistes émergentes du moment. La protégée de l’agence Discwoman a délivré un set rapide et puissant entre electro et breakbeat.

Il faut saluer l’effort des organisateurs d’avoir proposé une programmation originale et engagée et moderne.

Côté organisation, malgré la coupure de service d’alcool pendant quelques heures en milieu de soirée, l’endroit était agréable, il avait de la place partout sur le site que ce soit dans les salles, les couloirs ou les nombreux espaces fumeurs et chill-out.

Merci à Hugo Heitz et Mehdi Taieb pour ce report.

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