EN IMAGES. Les iraniennes enlèvent leur voile en symbole de liberté

De nombreuses iraniennes enlèvent leur voile en symbole de liberté depuis 2014. Aujourd’hui, le groupe My Stealthy Freedom ne cesse de drainer des photos de femmes dévoilant leurs cheveux.

Le port du voile est obligé pour les femmes en Iran. En 2014, Masih Alinejad, journaliste iranienne, ouvre une page Facebook où les iraniennes sont invitées à partager des photos les montrant sans hijab dans un espace public. Elle avait débuté seule, depuis Londres, et après avoir reçu un grand nombre de photos, elle décide de fonder un groupe un ligne intitulé « My Stealthy Freedom » (« Ma liberté furtive »). Selon la créatrice, il a même permis d’ouvrir un débat sur le port du voile imposé en Iran. La journaliste s’est exprimée à ce sujet :

« Pendant trente-six ans, le gouvernement a dit que porter le hijab était un devoir religieux. C’est pourquoi montrer ses cheveux peut être puni d’une amende, de coups de fouet ou d’une peine d’emprisonnement. En un an, le groupe Facebook est devenu si célèbre que nous avons réussi à introduire le terme ‘hijab obligatoire’ dans le débat politique ».

Capture d'écran - Vox / YouTube

L’initiative de ces femmes reflète « les préoccupations des femmes d’Iran qui font face à des restrictions légales et sociales« . En effet, depuis la révolution de 1979, la loi islamique donne l’obligation à ces femmes de porter le hijab. Afin de s’assurer du respect de cette loi dans la rue, la police a créé une unité spéciale appelée « moralité« , distribuant des amendes ou en arrêtant les femmes qui seraient « mal voilées« .

Elles enlèvent leur hijab

Des milliers d’Iraniennes ont retiré leur voile, se sont prises en photo et les ont envoyé à la journaliste. La page Facebook comptabilise aujourd’hui 829 000 likes et stipule que « toutes les photos et les légendes postées ont été envoyées par des femmes venues de tout le pays. Ce site est dédié à celles qui veulent partager leur moment de liberté furtive sans le voile« . En revanche, nous pouvons aussi apercevoir d’autres femmes qui ont décidé de garder leur voile pour soutenir l’obligation de le porter. La journaliste a confié que « c’est une campagne pour le droit de choisir, pour la liberté de choisir ce que l’on veut porter. Nous ne sommes pas contre le hijad mais contre le hijab imposé ». De nombreux messages haineux apparaissent sur le groupe. La créatrice pense alors qu’il s’agirait des forces de sécurités iraniennes. Elles pirateraient donc les identités Facebook pour poster des messages pro-IRI (République islamique d’Iran). Auparavant, elle avait déjà été victime de diffamation à la télévision d’Etat iranienne, disant qu’elle s’était entièrement mise à nu après s’être droguée et s’être fait violée devant son fils.

Le mouvement initié a fortement contribué à faire bouger les choses. Une conférence à ce sujet s’est tenue à Qom, lieu de l’islam chiite, et où un ecclésiastique conservateur a affirmé que la politique du hijab obligatoire était un réel échec. Un projet de loi a été proposé pour renforcer le pouvoir de la police et des milices iraniennes pour faire respecter le port du voile, mais jugé trop anticonstitutionnel, a été rejeté. En 2014, plus de 3,6 millions de femmes ont reçu un avertissement, ont payé une amende ou ont été arrêtés pour « crimes contre la moralité publique« .

Voici les photos de ces iraniennes qui retirent leur voile pour la liberté :

Capture d’écran - My Stealthy Freedom / Facebook
Capture d’écran – My Stealthy Freedom / Facebook

« C’était à l’époque où même la couleur verte a été interdite (référence au Mouvement Vert de 2009). Sur l’autoroute entre Lahijan et Rasht (nord de l’Iran), alors qu’il pleuvait à verse, j’ai enlevé mon foulard pour la première fois en 2009 et j’ai laissé ma tête sortir par la fenêtre de la voiture, exposée à la pluie. À ce moment-là je me sentais libre comme un oiseau jouissant d’un instant fugace de liberté hors de sa cage. »

Capture d’écran - My Stealthy Freedom / Facebook
Capture d’écran – My Stealthy Freedom / Facebook

« Un des rares endroits où l’on peut paisiblement enlever nos foulards pour que nos cheveux puissent un peu profiter du vent, c’est dans la nature et à la montagne, et combien douce est la liberté insouciante … »

Capture d’écran - My Stealthy Freedom / Facebook
Capture d’écran – My Stealthy Freedom / Facebook

« A gauche, la photo de mon passeport, alors j’ai toujours des problèmes comme beaucoup d’autres iraniennes quand je veux aller à l’étranger parce que la photo du passeport montre une personne qui n’est pas vraiment moi »

Pour en voir plus, rendez vous sur la page Facebook My Stealthy Freedom.

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