Lena Mačka, rencontre avec la street artist lyonnaise

J’ai rencontré Lena à Lyon, dans le cadre d’un vernissage à la Galerie Superposition. Lena est un jeune artiste lyonnaise pluridisciplinaire, qui a notamment illustré la Une de Libération pour #balancetonporc.

Elle revient avec son nouveau projet, plus coloré, intitulé « It’s good to see your empathic side ».

Lena Mačka, peux-tu nous expliquer les origines de ton nom ?

Mačka veut dire chat en slovaque. C’est mon copain du lycée qui m’avait surnommé comme ça. J’aimais bien, du coup c’est resté. A prononcer normalement Matchka, mais personne ne le fait (rires).

Quand es-tu devenue Lena Mačka ?

Il y a quatre ans à peu près. Au début, je faisais que de la photo, c’était un simple pseudo pour signer les photos. Après, j’ai commencé à faire des dessins incrustés sur les photos, puis après j’ai fait que des dessins.

A l’époque j’incrustais des petits animaux dans mes photos

Les gens ont commencé à te connaitre par des montages ?

Exact. Plus à Montpellier, puisque j’étais là bas à l’époque. C’est là bas où j’ai fait les premières expos, mon premier projet s’appelait Training Day, à l’époque j’ajoutais des petits animaux dans mes photos.

L’être humain a besoin d’interactions sociales pour survivre

Puis, tu es venue sur Lyon

Oui, je suis lyonnaise depuis plusieurs années. J’ai fait deux ans à Bellecour Ecoles, puis j’ai arrêté, mais je suis resté à Lyon.

Tu étais à New York pour une expo récemment ?

Exact, j’ai exposé au Canal Street Market. J’y suis allé l’an dernier quand j’étais à NY, j’avais trouvé ça trop beau, un showroom géant avec plein d’artistes différents, des céramistes, des bijoutiers… Je ne savais pas s’ils accepteraient, mais je les ai démarché par mail, et ils m’ont répondu dans la journée, me disant qu’ils avaient de la place pour un vernissage en octobre prochain. J’ai eu deux semaines de résidence, une bonne expérience. Je ne suis jamais sorti de Lyon, alors un vernissage à New York, imagine !

J’aime quand les gens se font leur propre interprétation

New York ou Lyon ?

Pour l’ouverture d’esprit, New York. Je ne pensais pas que c’était autant. J’ai eu de très bons retours là-bas.

On m’a dit que tu étais très attachée aux commentaires des gens ? Tu te faufiles dans le public ?

J’aime bien ne pas mettre de visages, pas trop donner d’éléments, sur les symbolismes, par exemple. J’aime quand les gens se font leur propre interprétation. Ca me touche plus, j’ai l’impression de bosser avec eux.

Je veux aller à l’essentiel et parler des choses qui me tiennent à coeur.

Tu peux nous expliquer l’évolution de ton personnage ?

Au début, j’avais un personnage, Pure, qui avait les yeux vraiment bien percés. Ensuite les yeux clos, maintenant il a juste un petit nez. Ce ne sont plus les mêmes personnages depuis le début, ils sont totalement différents. Je ne l’appelle plus Pure maintenant. Je n’ai pas encore saisi totalement ce nouveau personnage !

Chacun se reconnait dans ce personnage ?

Les yeux clos attirent le spectateur, le fait qu’il soit ainsi nous concerne tous, de près ou de loin. C’est sa neutralité qui permet à chacun de se l’approprier comme il veut.

Je parle beaucoup des gens, en général.

Couleur ou pas couleur ?

Dans mes travaux précédents, je ne mettais pas de couleurs, car la couleur était synonyme d’artifice. Je veux aller à l’essentiel et parler des choses qui me tiennent à coeur.  Dans mon dernier projet « It’s Good To see an empathic side« , que j’expose à partir du 23 novembre, à la Galerie Superposition, il y a de la couleur, des couleurs chaudes, mais c’est avant tout par souci d’esthétique. J’ai trouvé un patchwork de couleurs hyper chaudes chez ma mère et ça m’a tout de suite plu.

L’un de mes surnoms, c’est Mackabre

L’un de mes surnoms, c’est Mackabre, on me dit souvent que mon univers est trop sombre. Je voulais sortir de tout ça. Tu peux parler de la dépression en ayant le sourire ! Le noir et blanc n’est pas forcément triste non plus ! J’avais peur de m’égarer, mais je suis content car dans « It’s Good To see an empathic side », j’ai su garder le côté symbolique tout en privilégiant toujours l’esthétique.

Parles-tu de toi ou des gens ?

Je parle beaucoup des gens, en général. J’écoute beaucoup, je ne parle pas beaucoup. C’est une analyse de ces gens là, il y a beaucoup de moi-même. Je joue pas mal sur les titres, j’essaye de les intriguer dans un premier temps avec ça.

Il y a une suite logique, si l’on regarde tout ce que tu as fait jusqu’à maintenant ?

En tout cas, elle n’était pas voulue ! Certains pensent qu’il y a une histoire, et qu’à la fin je vais sortir un livre, mais à la base ça n’était pas du tout mon intention. Chaque dessin à son truc à dire.

J’ai bossé avec une agence de comm à NY, et aussi un magazine à New York.

Autre corde à ton arc, tu es apprentie tattoo ?

Depuis quelques temps, je suis dans un salon à Paris qui s’appelle « Les Mots Bleus ». Mon master c’est Carlo Amen, on bosse ensemble. Ca se passe super bien. La finalité ça serait que je puisse bosser à mi-temps là bas. J’ai aussi un salon privé chez moi. J’ai commencé en janvier, j’ai investi dans une vraie machine. Et la j’ai racheté une machine à New York. C’est une suite logique dans ma vie.

Tu fais aussi des parutions ?

J’ai bossé avec une agence de comm à New York et un magazine. Je bosse sur commande. J’ai arrêté de faire des visu pour les soirées, je suis un peu sortie de ce délire là. J’ai aussi des commandes de particuliers. J’ai un client qui m’a envoyé un poème, je dois le lire, m’en imprégner et en faire une illustration. Je bosse pas mal aussi comme ça pour les tatouages.

Tu as prévu quoi pour ton vernissage le 23 novembre ?

Je vais peindre rue Longue, dans la rue de la Galerie Superposition. Quatre pans de murs, je commence en début de semaine, et je réserve un petit mur pour le jour-même. Je sais déjà ce que je vais faire, en avance. J’ai une liste de mots sur le thème de l’expo, l’empathie, ensuite je fais des croquis. Je vais faire un truc assez cohérent. J’ai les sketchs chez moi, ensuite je les reproduis à l’échelle. C’est super chaud, faut le voir à l’oeil, et c’est long.

Je ne veux pas changer le monde, mais si je peux le rendre un peu meilleur à ma manière…

Penses-tu changer d’univers un jour ?

Non, je ne pense pas. Je ne me le souhaite pas, je n’ai pas envie de me perdre. Je suis trop jeune pour avoir envie de bouger sur autre chose, surtout que tout ça vient juste de commencer, je viens juste d’avoir un peu de reconnaissance. Je n’ai pas encore épuisé mes petites réserves. Par contre, j’aimerais faire de l’animation et des live audiovisuels.

Ton message ?

Je ne veux pas changer le monde, mais si je peux le rendre un peu meilleur… Je veux juste sensibiliser les gens sur certains problèmes à ma manière. Je parle des choses de manière hyper douces, je ne veux pas donner un message horrible aux gens. L’être humain a besoin d’interactions sociales pour survivre. L’empathie (thème de son dernier vernissage, NDLR) c’est faire un effort d’imagination pour comprendre, il ne faut pas confondre ça avec la compassion.

Pour aller plus loin

Site web de l’artiste : Lena Mačka

Instagram : Lena Mačka

Site web de la Galerie Superposition : Superposition 

Leur Facebook : Superposition

Photos : Miss Den’Ki

 

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