Chassé croisé de civilisations pour le nouveau projet de l’illustrateur Azed 

YouTube, Hollywood, MacDonald’s, Instagram ou encore Coca Cola, ces marques sont les piliers d’une culture nouvelle génération, la pop culture. Arrivée dans les années 80 en Europe après avoir traversé l’Atlantique, la pop ou fast culture nous a a influencé depuis notre plus tendre enfance et a radicalement changé notre manière de consommer. Ces géants de l’industrie se sont imposés à nous en seulement quelques années tel en empire, écrasants tout sur leur passage.

« Que se passerait-il si les époques fusionnaient ? Je vous propose un voyage anachronique dans le temps et l’espace, une déflagration ou tous les habitants de la terre se rencontreraient dans le pire et le meilleur des cas. Ce principe simple permet de se poser la question de notre évolution, savoir d’où l’on vient pour savoir où on va. Il est bon de se poser cette question de temps en temps. » Azed

J’ai rencontré Azed, illustrateur et graphiste, dans le cadre de l’exposition De temps en temps, à la Galerie Superposition, ouverte au grand public à partir du 18 octobre prochain à la Galerie Sitio.

Salut Azed, merci de répondre à nos questions ! Si tu commençais par te présenter en quelques mots ?

Je suis illustrateur graphiste. Je fais principalement du dessin professionnel, publicités et autres, illustrations et autres et créations personnelles. J’adore faire des projets artistiques et professionnelles. J’adore me réinventer

En ce moment, je commence à utiliser la bombe. Je sais bien dessiner à la base, mais j’ai du tout réapprendre, tout le mouvement, mais j’adore les rendus de fous. Je jongle entre projets professionnels pour mes clients et les projets artistiques.

Justement, comment arrives-tu à faire la passerelle entre projets pro et projets perso ?

J’ai besoin de ces deux manières de procéder. Quand tu démarres un projet artistique, tu peux te retrouver perdu, étant donné que tu as beaucoup plus de libertés. Travailler avec un cadre te permet en revanche  de moins t’éparpiller, et de pouvoir t’éclater en débordant un peu du cadre, en allant plus loin.

Comment ne pas te perdre quand tu crées un projet de toute pièce ?

Pour ne pas s’éparpiller, quand j’ai une idée, j’ai une image qui se crée dans ma tête, je l’imprime et je la ressors telle est qu’elle est dans mon cerveau. Plus je l’imprime longtemps, plus j’arrive à la sortir telle quelle. J’ai aussi un code couleur, en ce moment, c’est le rouge et le bleu. Ce sont toujours des couleurs complémentaires, elles font ressortir l’image. Je mets trois ou quatre 4 couleurs au maximum, et je joue uniquement avec ça. Plus tu réduis ta paillette, plus tu varies tes teintes. Ce genre de barrière permet de ne pas t’éparpiller.

« Le ciné influence mon travail »

Mon travail est basé sur l’anachronisme, fusionner des époques avec des personnes qui vivaient il y a longtemps. Je me suis basé sur cela, et puis j’ai réfléchi en me demandant si nos ancêtres aimeraient vivre dans notre monde.

Présente nous l’expo en quelques lignes 

De temps en temps. Expo basée sur l’anachronisme. On fusionne des époques, on secoue et on observe le résultat. Ça soulève la question de la violence de l’homme.  On a tous une violence animale en nous.  Comment est ce qu’elle se manifeste, comment on l’éteint.

Tu t’inspires notamment de personnages de cinéma ?

Une partie de l’expo sera consacrée au ciné et aux films. Le ciné influence mon travail, mon style graphique est influencé par le ciné. Une partie de l’expo est intitulée Classic shit  et rend hommage à Hollywood. Une expo dans l’expo en quelque sorte, avec des affiches de films ou de séries revisitées, comme 300, Django Unchained, Akira, King Kong ou encore Game of Thrones.

Tu mélanges pas mal d’époques entre elles, quelles sont les périodes de l’Histoire que tu mets le plus en avant ?

Principalement les grands empires. Les époques martiales, le Japon féodal, l’Empire romain, la Grèce antique. Les époques de guerre, mais aussi notre époque moderne post 2nde guerre mondiale.

J’avais adoré le Zoo art show

J’aime mélanger les publicités modernes avec des époques très barbares. J’ai aussi crée un anachronisme sur les dinosaures, et l’homme préhistorique est un personnage récurent de l’expo, car c’est le plus primitif, le plus ancien et le plus brutal d’entre nous.Au final, beaucoup de guerriers, d’affrontements, pour étudier cette violence latente en chacun.

 D’autres projets ?

Je te parlais tout à l’heure du classique shit. J’ai lancé ce principe  et j’aimerais bien continuer. Les affiches de films que je considère comme cultes, je les réinvente avec une action du film marquante que j’illustre !

J’ai cru comprendre que c’était ton premier vrai vernissage en galerie. Qu’est-ce que cela t’inspire ?

J’avais fait récemment le fait le Zoo Art Show, aux côtés de mec comme Agrume. J’aime toucher à tout. J’aime pouvoir faire de l’illustration, des logos des toiles du graff, du story board. J’ai besoin d’avoir des projets, des nouveautés. J’avais adoré le Zoo art show. C’est la première fois que je me suis considéré comme un artiste lyonnais. Il y avait Kalouf que je considère comme un artiste de fou, il a le compas dans l’oeil.

J’ai entendu que tu avais aussi tourné des clips vidéo, notamment de musique techno ? Ça t’a aidé pour le traitement de l’image ?

J’ai fait du court métrage, du clip, je m’occupais de la partie DA. On faisait tout nous même, de l’histoire, au story board, à la réalisation, jusqu’au montage et aux costumes, bref tout de A à Z. C’est de l’adrénaline constante !  Je me souviens du clip de John Lord Fonda de chez Citizen Records, un super artiste qui produit plus rien aujourd’hui. La vidéo m’a aidé à comprendre le mouvement et l’image.

« Je ne suis pas là pour critiquer la société de consommation, mais davantage pour souligner la puissance de ces marques et comment ils sont ancrés dans notre culture. »

J’adore donner une dynamique aux images, avec des traits particuliers. La vidéo m’a appris à storyboarder et comment composer une image. Arriver à donner une dynamique physique sur un image fixe. Depuis, mon style graphique est influencé par le ciné, c’est indéniable.

Quand tu passes du monde de la vidéo  à l’image (peintures etc) dans la vidéo tu as l’émotion, la musique, une palette plus large, tu as juste ton image fixe. A moi de faire passer quelque chose à travers l’image. Tu peux faire passer un message par une image, mais par contre c’est plus intense avec la vidéo.

On passe aux questions réponses instantanées, si tu le veux bien.

Des collaborations ?

Le Petit Paumé, qui est sorti ce lundi. Je ferais bien une collaboration avec Why Not.

Tu bosses où ?

Je bosse de chez moi, mais ça manque d’un atelier.

Tu penses quoi de l’action de Banksy ?

Couillu et super intelligent. Ce mec est invincible.

Quels supports pour l’expo ?

Beaucoup de print. Mais aussi des toiles et des panneaux de bois que j’ai découpé dans des formes spéciales.

Un truc que tu kifferais faire prochainement ?

J’aimerais reprendre du court métrage, faire de la DA de jeux vidéos. Tout ce qui touche à des gros projets de création.

De temps en temps, à la Galerie Superposition. Du 18 octobre au 10 novembre 2018, en plein coeur de Lyon. 

Azed "De Temps en Temps" le nouveau projet de l'artiste lyonnais à la Galerie Superposition
Azed « De Temps en Temps » le nouveau projet de l’artiste lyonnais à la Galerie Superposition
Azed - Der des Ders
Azed – Der des Ders
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Azed « De Temps en Temps » le nouveau projet de l’artiste lyonnais à la Galerie Superposition

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