Lyon : « La Mécanique du Vide », la nouvelle exposition à découvrir de toute urgence

Mani « La Mécanique du Vide » à Sitio
Mani « La Mécanique du Vide » à Sitio Art moderne street art

Mani est un illustrateur français qui vit et travaille à Lyon. ll travaille au stylo Bic sur gesso, une planche de bois dense peinte en blanc. Nous l’avons rencontré lors du vernissage de son exposition  « La Mécanique du Vide » à la Galerie Sitio.

Comment t’es venue cette idée d’utiliser un stylo BIC ?

Très naturellement, j’ai commencé à dessiner dans mes cahiers de cours à l’université, avec mon stylo bille, et je ne l’ai plus lâché depuis. ça va faire 12 ans que je dessine, mais je me suis plongé à fond dans ce travail seulement en 2014.

Avais-tu fait du dessin auparavant ? Une école d’art ?

Non avant ça, je travaillais plutôt l’image numériquement, via l’infographie ou le cinéma, mais je n’ai pas fait d’école d’arts graphiques. ça me donne une certaine liberté et une personnalisation particulière de mon « style ».

Quelles sont tes inspirations ?

Pour la Forme, j’ai toujours admiré les « concept art » de films et de jeux vidéos, ce sont des dessins préparatoires, des plans ou des croquis de mondes imaginaires, mais pensés de manière réalistes et matériels. Mes dessins évoluent avec le temps, en fonction des formes nouvelles que je peux observer à l’extérieur, dans le monde réel.

Et pour le fond, je m’inspire des humains tout simplement. On est plein de ressources et de bêtise, il y a de quoi faire !

Vis tu de ton travail ? 

J’ai décidé de me consacrer pleinement au dessin il y un peu plus de 5 ans. C’est un travail à temps plein sans salaire fixe, donc avec des hauts et des bas, mais je ne pense pas que je pourrais faire autre chose, que je vende ou pas.
Depuis que je suis arrivé à Lyon, je commence à trouver un équilibre financier en effet, qui me permet de continuer à travailler dans des conditions pas trop mauvaises. Mais il me tarde de pouvoir me payer un atelier plus grand !

Quelles sont les principales qualités pour travailler avec ce procédé ?

Les qualités de l’artiste tu veux dire ? Hum… Patient et minutieux. Maniaque quoi , mais ça c’est pas forcément une qualité.
Si tu parles des qualités de la technique elle-même. C’est le côté direct du l’encre qui me plait. le stylo (ou le pinceau) sont comme des extensions de ma main, et je n’ai pas à gérer différents outils.

Comment définirais-tu tes œuvres ? Trouves-tu qu’elles soient angoissantes ? Quel message souhaites-tu faire passer ?

Je dis souvent que mes dessins sont des métaphores visuelles. Chaque situation, chaque action des personnages, chaque forme et chaque objet peut représenter une idée, un concept, et donner ainsi un sens tout à fait nouveau à l’oeuvre. Chacun peut y accoler sa vision, ou ses questionnements personnels. Donc en effet, pour certains mes dessins peuvent être angoissants, mais pour d’autres au contraire, ça peut les faire rire. Tout dépend notre façon de voir le monde, ou la dureté du sujet traîté.
Mani « La Mécanique du Vide » à Sitio Art moderne street art
Mani « La Mécanique du Vide » à Sitio Art moderne street art
Mani « La Mécanique du Vide » à Sitio Art moderne street art
Mani « La Mécanique du Vide » à Sitio Art moderne street art

Parle-nous de ta nouvelle exposition  « La Mécanique du Vide » Quelles sont les œuvres présentées ? De quoi parlent-elles ? 

C’est ma toute première exposition solo, donc j’ai essayé de donner le maximum pour immerger le public dans mon univers. Et j’ai choisi d’orienter mon travail de ces 6 derniers mois sur un thème qui concerne tout le monde : notre rapport au veau ide, sous toutes ses formes (la solitude, le vertige, le silence, ,la page blanche, la mort…)
Il y a donc une sélection d’œuvres crées uniquement pour cette exposition, dont des grandes pièces à l’encre qui font écho à mon travail de Street Art, une fresque, des tirages inédits et même de l’animation…

Quel est le rôle des ombres dans ton travail ?

Les dégradés sont le cœur de mon travail, c’est ces ombres qui font naître les différents matières, textures, et qui donne l’illusion de quelque chose de concret, qui pourrait exister. Comme je fais du noir et blanc, ces ombres sont cruciales, elles représentent la notion d’équilibre que j’essaie de défendre. La couleur viendrait quant à elle déséquilibrer ce jeu du noir et du blanc, des vides et des pleins.
Pourrais-tu un jour troquer ton stylo contre une bombe, un ordinateur ou un pinceau ?
J’ai mis du temps à maîtriser d’autres techniques sans dénaturer mon travail. Mais la rue m’a poussé à chercher le moyen de changer d’échelle tout en gardant ma « patte » et les détails de mes dessins. Même si le stylo est mon outil de prédilection, je suis passé dernièrement au pinceau pour les grand formats et le street art. C’est très intéressant car même si la technique change, il s’agit du même geste, de la même manière de déposer l’encre sur la surface et de créer des ombres. Donc stylo ou pinceau me conviennent parfaitement.
Par contre l’ordinateur m’intéresse de moins en moins pour l’acte créatif. Je n’aime pas l’idée de dépendre d’une technologie capricieuse et obnubilante !
Le Lien vers l’interview de présentation de l’exposition : https://youtu.be/KHL1MqKJUWs

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