Les évolutions dans le temps du treillis militaire

Le treillis, c’est la tenue de terrain utilisée par les militaires. Cette appellation usuelle se réfère aussi bien à la texture des matières utilisées pour sa confection qu’à l’assemblage bariolé des couleurs dissimulantes. De son introduction au XXème siècle à nos jours, le treillis militaire a connu bon nombre d’évolutions, qui ont contribué à l’améliorer et à le rendre plus pratique pour les forces de l’ordre. Focus !

Quelles sont les origines du treillis militaire ?

Comme évoqué précédemment, les toutes premières utilisations de la tenue militaire camouflée remontent au début du XXe siècle. Introduits notamment par l’armée allemande, les premiers treillis (ou les bourgerons de treillis) n’étaient alors que des tenues de corvées, confectionnées en coton ou en serge et étaient de couleur blanc cassé ou écru. Le treillis militaire était aussi désigné comme tenue d’exercice au sein des armées anglo-saxonnes.

Cette tenue à usage prioritairement fonctionnel se distinguait de l’uniforme de parade, par une coupe plus ergonomique et par l’utilisation de matériaux textiles moins nobles (toile de coton plutôt que drap). Le treillis pouvait être soit monochrome (souvent constitué d’une nuance de brun ou de vert) soit composé de plusieurs de ces couleurs, dans l’unique but de faciliter encore plus la dissimulation. Il faudra attendre la Première Guerre mondiale pour que l’imprimé « camouflage » soit utilisé pour la première fois de façon massive, par l’armée italienne.

Quelles évolutions pendant et après la première guerre mondiale ?

Durant les premiers mois de la guerre, le treillis militaire était bleu pour la veste et rouge garance pour le pantalon. La couleur de ce dernier, très visible à distance, permettait à l’artillerie de reconnaitre les fantassins amis au milieu de la fumée et d’éviter ainsi les tirs fratricides. L’avènement des poudres sans fumée et les autres évolutions militaires du XIXe siècle ont cependant rendu cette teinte obsolète, voire dangereuse pour les soldats.

La capacité de dissimulation de l’uniforme avait dorénavant une importance. Les uniformes également peu adaptés à travers leur coupe et l’absence de casque pour les fantassins, ont dû être changés. Un nouveau treillis militaire fut ainsi mis en service, avec une teinte bleu horizon car l’État-major estimait qu’un soldat se distinguait d’abord sur la ligne d’horizon. Pendant l’entre-deux-guerres, cette nouvelle teinte avait en France cédé place à une couleur kaki.

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Treillis militaire

L’armée française avait ensuite commencé à élaborer des motifs de bariolage, qui servirent après-guerre à concevoir le bariolage « léopard », utilisé par certaines unités tout au long de la guerre d’Algérie. Quant aux soldats de la France, ils utilisèrent surtout des uniformes de fabrication britannique puis américaine.

Quelles évolutions pendant et après la seconde guerre mondiale ?

Ce n’est qu’au cours de la Seconde Guerre mondiale que l’utilisation du treillis militaire s’est véritablement généralisée. Jadis réservé aux troupes d’élite (parachutistes, etc.) prioritairement, son usage s’est de plus en plus appliqué à toutes les troupes après ce conflit planétaire, ce qui a permis d’envisager plusieurs améliorations considérables.

La conception de la tenue militaire a fait l’objet de véritables études scientifiques à la fin du XXe siècle, afin d’intégrer d’autres variables en matière de camouflage, entre autres. Il s’agit notamment du brouillage des appareils de détection visuelle (pixelisation) et de la signature thermique.

Qu’en est-il de nos jours ?

Le concept de treillis militaire, tant pour la coupe et les nombreuses poches que pour les nuances de couleurs, a été repris par plusieurs fabricants de vêtements civils à partir des années 1970. Il jouit de nos jours d’une certaine popularité parmi les jeunes, concurrençant fortement d’autres vêtements comme le jean. Le treillis devient aussi un accessoire dans des créations théâtrales et chorégraphiques contemporaines.

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