A Dubaï, la maison LVMH donne le tempo

En organisant la première LVMH Watch Week, les maisons horlogères du groupe restructurent le calendrier mondial des salons horlogers.

« Plus belle, plus sophistiquée, plus audacieuse ».

Ainsi se veut la nouvelle montre Serpenti Seduttori Tourbillon. Le modèle en forme de goutte et au bracelet en maillons évoquant le motif écaille est désormais doté d’un mouvement mécanique miniature calibré au millimètre près pour l’adapter à la tête du reptile.

Ce n’est pourtant qu’une des nombreuses nouveautés présentées au sein de la toute première LVMH Watch Week, qui se déroule au Bulgari Resort Dubaï les 13, 14 et 15 janvier.

Dans ce complexe de luxe imaginé par les célèbres architectes italiens Antonio Citterio et Patricia Viel, la manufacture Hublot surprend de son côté avec la montre Classic Fusion Gold Crystal.

Boîtier en céramique noire polie, cadran noir avec cristaux d’or 24 carats, bracelet en cuir d’alligator. Une création « précieuse et ultradésirable » conçue pour incarner l’histoire de l’or. 

La créativité ne manque pas au sein de ce salon exclusivement dédié aux maisons horlogères du groupe LVMH (Bulgari, TAG Heuer, Hublot et Zenith).

Pour le numéro un mondial du luxe, cet événement est l’opportunité de « mettre en lumière en un même lieu les positions complémentaires de ses Maisons horlogères, liées par la force de leur identité, leur créativité et leur capacité à repousser les limites de l’innovation ».

Pour preuve, la TAG Heuer Carrera 160 Years Silver Limited Edition, un chronographe unique alliant le prestigieux passé de la collection Carrera aux dernières innovations TAG Heuer.

Produite en seulement 1 860 exemplaires, elle sera disponible dans le monde entier à partir de juin 2020. Le mouvement manufacture Calibre Heuer 02, qui l’anime, est quant à lui composé de 168 éléments, dont un embrayage vertical pour une précision chronométrique de haute qualité.

LVMH Watch Week : « nouvelle destination internationale du monde de l’horlogerie »

Un chef d’œuvre qui ne doit pas faire oublier l’innovation majeure de Zenith, qui a décidé de mettre en exergue les deux pôles de sa gamme de montres féminines. D’un côté, la DEFY Midnight, un garde-temps polyvalent sport-chic avec un cadran céleste « conçu pour les femmes libres ». D’un autre côté, la collection Elite, composée de montres unisexes épurées, minimalistes et intemporelles.

« Je suis très heureux que Zenith soit présente à Dubaï pour la première édition de la LVMH Watch Week – DUBAI 2020, qui est, je crois, la nouvelle destination internationale du monde de l’horlogerie », a déclaré Jullen Tornare, CEO de Zenith.

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Montre Zenith DEFY Classic

A Dubaï, en effet, ce n’est pas seulement le design qui est mis en valeur. En organisant cet événement privatif dans l’émirat, les maisons du groupe LVMH sont en train de restructurer le calendrier des salons horlogers du monde.

Certes, elles seront présentes à Baselworld 2020, mais « en cas de succès sur le plan commercial et médiatique » de la LVMH Watch Week, le groupe pourrait remettre en cause sa participation au salon suisse dès 2021, a affirmé Jean-Christophe Babin, patron de Bulgari.

Le dirigeant estime que le salon bâlois doit évoluer sur trois points précis : la date, la qualité des marques présentes et les prix.

Bien que les maisons LVMH aient invité, tous frais payés, leurs principaux détaillants et plus de 250 journalistes internationaux, Jean-Christophe Babin estime le coût du salon de Dubaï à « moins de 10 millions de francs suisses », contre 10 à 20 millions pour Baselworld.

A Dubaï, le futur c’est maintenant

Côté participants, si Swatch Group a déjà annoncé son absence au salon de Bâle, Audemars Piguet ne participera pas à celui de Genève, le Watches and Wonder (anciennement SIHH, Salon international de la haute horlogerie). Alors que les marques du groupe LVMH seront également absentes du rendez-vous genevois, le groupe Richemont affirme se poser « des questions sur l’utilité des salons ».

Le haut de gamme fonctionnera sans doute toujours, car dans le haut de gamme, nous sommes dans l’éternité (…)

Ces annonces interviennent à un moment charnière pour la haute horlogerie. Les résultats (encore partiels) de 2019 invitent en effet à la plus grande prudence. Sur les premiers six mois de l’année, Swatch Group affichait un recul de son chiffre d’affaires de 4,4 %, pour un bénéfice opérationnel en baisse de 1 %.

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LVMH Watch Week les nouveautés signées Zenith

Pour le premier trimestre de son année fiscale, le groupe Richemont annonçait quant à lui un chiffre d’affaires en progression de 12 %. Mais cette croissance était due essentiellement à la joaillerie, les maisons horlogères du groupe étant en recul de 2 %. Chez Hublot, si les résultats « sont globalement satisfaisants », la croissance ne devrait être « qu’à un chiffre », selon son directeur général, Ricardo Guadalupe.

Les grèves à répétition en France, les manifestations à Hongkong ou encore le Brexit expliquent ces résultats en demi-teinte. D’où l’importance de l’innovation et de la créativité. « Pourquoi on achèterait une montre à 300 francs qui indique l’heure ? L’heure est partout aujourd’hui », explique Jean-Claude Biver, ancien président de la division montres du groupe LVMH pour qui l’âge d’or du luxe ne fait que commencer.

« Le haut de gamme fonctionnera sans doute toujours, car dans le haut de gamme, nous sommes dans l’éternité (…), je veux dire que nous sommes dans l’art, et l’art est éternel. Dans le futur, on va vouloir de plus en plus acheter quelque chose qui dure », prédit le spécialiste.

A Dubaï, le futur a déjà commencé.

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