On a rencontré Jason Chicandier, humoriste bon vivant

Pilier de bar, amoureux de la briquette, et inventeur du « Bon Vivant » qui est vraiment Jason Chicandier

Jason Chicandier, humoriste de Saint-Etienne

Jason Chicandier, le seul, l’unique, en interview sur Focusur

Jason Chicandier est oiseau rare. Quadra, ancien notaire reconverti dans les logements sociaux, il a mis de côté sa carrière professionnelle pour se consacrer exclusivement à sa passion : l’humour. Alors que Jason fait actuellement le buzz sur les réseaux sociaux, il se pourrait bien que vous n’ayez pas fini d’entendre parler du Chicandier.

Chicandier est un amateur de bonne chaire et de bon vin. A l’époque du politiquement correct, il incarne la voix de ceux qui n’hésitent pas à s’ouvrir une quille de vin en sortant du boulot, qui ne clignent pas de l’oeil au moment de commander la deuxième un vendredi midi en déjeuner d’affaires avec le collègue. C’est d’ailleurs un post sur la « cuite du vendredi midi», improvisé et filmé comme d’habitude dans sa voiture, qui a suscité un tollé monstre sur Facebook et Twitter. Depuis, de la Loire, sa région, jusqu’au Nord, son pays d’adoption, tout le monde a entendu parler du Chicandier.

Chicandier, comment tu en es venu à faire le con ?

J’avais pas prévu d’en faire mon métier. Mais un concours de circonstances a fait que… Quand j’avais 12 ans mes parents étaient fans de Coluche. J’ai baigné aussi dans l’humour du Splendide de Desproges. Dès 12 ans j’ai commencé à écrire des sketchs, des films avec des potes qu’on tournait. A l’âge de 18 ans, on a envoyé une cassette à Canal+, un truc excessivement mauvais. Ensuite, on faisait des émissions TV chez moi, même pendant qu’on était étudiants, on mélangeait réalité et fiction.

Après, toute la bande d’amis est entré dans le monde du travail, j’ai été notaire mais j’écrivais quand même un blog de conneries. La connerie m’a toujours habité. Récemment, j’ai pris des décisions qui font que je me consacre à 100% à Jason Chicandier. Je vais me professionnaliser. On verra bien où ça me mène ! 

« On est parti à Amsterdam, ma femme m’a dit qu’elle détestait mes vidéos, qu’elle n’aimait pas ça. »

Télé, spectacle, ciné, on te voit de partout Chicandier !

Oui, j’ai pas mal de projets. J’ai tourné avec Catherine et Liliane pour Canal+, ça a été un grand moment. L’épisode devrait sortir dans deux semaines. J’ai eu la chance de tourner en octobre dans une production au cinéma. Le film s’appelle Music Hole, c’est une sorte de Dikkenek, mais avec une vraie intrigue. Les personnages sont tordus et minables  comme savent le faire les belges. Je joue un gitan stéphanois avec l’accent, qui est ferrailleur, qui s’appelle Camaron. Le film sort en fin d’année. Je me suis fait répéré par Tom Dingler, metteur en scène d’Alex Lutz, qui nous a proposé le Point Virgule. 

« Je ne veux pas que le parisianisme prenne le pas sur le régionalisme. »

On a également tourné une émission avec les Joz. Une escapade gourmande, mélange de Paris Dernière et de A pleines Dents. On s’invite chez les gens, et on fait les cons. On est allé chez Gagnaire à Paris, il nous a fait une râpée. On est allé également chez des cavistes et des restaurateurs autour de Saint-Etienne qui se reconnaitront, et on va aussi tourner à Lyon. Cette émission on va la présenter au cinéma à Saint Etienne. 

Et bien sur, on a également le spectacle avec les Joz en au Grand Point Virgule en Mars !

Justement, quel est ton lien avec les Joz ?

Je n’arrêterai jamais la Jozerie car c’est la famille. C’est un tremplin pour ceux qui veulent se lancer. Les Joz t’offrent une visibilité énorme. Du coup, on va être plus sélectif avec nos contenus, on aura plus de variations. Je suis arrivé sur la Jozerie alors que c’était crée depuis 5 ans, ils existaient bien avant moi, mais on a évolué ensemble. On aimerait que d’autres puissent aussi en profiter. 

Chicandier Catherine et Liliane Canal+ saison

Chicandier Catherine et Liliane Canal+

D’où te viennent toutes ces idées ?

Je pioche dans la vie de tous les jours, dans les repas de famille, quand tu parles avec les copains, les collègues. J’improvise beaucoup autour de la relation avec la bouffe, le rapport à l’amitié, le rapport à soi, au couple. Ce que l’on retrouve dans les chansons de Brassens, de Brel.

Bref, à ce qui nous touchent, chacun d’entre nous. J’aime aussi m’inspirer des mauvais côtés des français avec humour. 

Comme dans ta vidéo sur la cuite du Vendredi Après Midi ? Il y a du vécu ?

Le vendredi après-midi, on le voit dans pas mal de boites, rares sont les personnes concernées. « On est pas des allemands », ça a permis aux gens de se moquer des autres; le français est un peu méchant mais attachant, il a cette mauvaise mauvaise foi bien franchouillard. C’est cette vidéo qui a le plus parlé aux gens. 

Bon Vivant, c’est LA marque de fabrique du Chicandier ?

Oui, je crois qu’aujourd’hui on ne peut pas vivre dans une société qui est faite pour ne pas profiter de bons moments. La vie est galère, quand on nous explique qu’il faut pas manger de gluten, ne pas fumer, ne pas boire, te coucher tôt, quand tu rentres chez toi du boulot et que tu dois encore te priver, c’est pas ça la vie. Bon vivant, c’est dire ok, je ne vais pas vivre jusqu’a 92 ans, mais si j’ai envie de manger de la rillette et de m’en jeter un, je peux le faire. 

En mettre ras la gueule, friable comme du shit, d’où viennent ces expressions qui font ton personnage ?

Mettre un point de colle, friable comme du shit, c’est des trucs que j’utilise au quotidien, c’est de l’humour de comptoir. C’est du Frederic Dard, allier le côte populaire et l’humour, populaire qui signifie que l’on ne se prend pas pour ce que l’on n’est pas. J’aime les régions, les expressions locales, les accents. C’est ça qui compose aussi notre beau pays. 

Qu’est ce qui fait la force de votre groupe ?

On aime se mettre en danger. En ce moment, on fait les répétes pour notre date « Bon Vivant » au Point Virgule, et c’est génial. On a chacun des rôles bien définis. Matthou Can et moi sommes co-auteurs, et on est quatre à monter sur scène, Peggy, Matthias, Augustin et moi. 

On s’entend tous hyper bien, même si nous sommes tous différents. Je suis plus dans un humour traditionnel, Matthias a un humour différent, surprenant dans sa manière d’écrire. Entre nous, je l’appelle « Le petit Rimbaud sous acides« . Peggy, je trouve que c’est une comédienne talentueuse, ultra pro, elle connait ses textes par coeur, elle nous tire vers le haut. 

Parlons peu, mais parlons bien : ta plus belle cuite ?

Une des plus belles que j’ai faite elle a commencé par Saint-Etienne elle est passée par Lyon chez la mère Cottivet, on a terminé à 11H30 à boire du Ricard et manger des crevettes… à Saint-Tropez. 

Tu es plutôt Sainté ou Lyon ?

J’en ai rien à carrer du foot… alors. Je trouve Lyon super beau, j’aimerais peut-être m’installer un jour dans cette région avec ma femme et ma fille. J’ai des potes dans les deux villes. On va dire que je préfère Lyon du lundi au jeudi, et Sainté du jeudi soir au dimanche. Je trouve admirable la manière dont les gens font la fête à Saint Etienne, comme nulle part ailleurs. Tu peux côtoyer un chirurgien et un serrurier en train de parler de cul à 6H du matin en sortie de boite à Saint-Etienne, la cuite rapproche et c’est un sport national.

« On fait la fermeture de la Salle Jeanne d’Arc, une page se tourne ».

Saint Etienne, ville de mon enfance, mes premiers pas au théâtre . Il y a pas un centimètre carré de Saint Etienne où j’ai fait la bringue, c’est une ville dortoir à côté de Lyon, malheureusement et j’aimerais que les deux villes se rapprochent, mais les stéphanois sont d’ irrésistibles gaulois.

Plutôt pinte de Triple ou whisky ?

Madame Ramirez ne veut pas que je boive de bières, mais j’adore la Triple, j’habite pas loin de la Belgique, une région avec beaucoup de potentiel Joz d’ailleurs, et j’adore leurs bières.

La Briquette ou le Petit Muscadet ?

En vin de table, le Muscadet. C’est ma femme qui cuisine à la briquette si tu veux tout savoir… Mais c’est quand même particulier l’apéro à la briquette, je ne le recommande pas. 

Andouillette ou gras double ?

Un de mes plats préférés, c’est le tablier de sapeur avec un bon gratin dauphinois ! 

 

 

 

 

 

 

 

 

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