Le réchauffement climatique, facteur de la guerre en Syrie?

Le réchauffement climatique n’est pas qu’une cause utopiste plaidée par deux ou trois chefs d’état en manque de reconnaissance. Il semblerait être au coeur de certains tensions géopolitiques et diplomatiques dans le monde. Ainsi, certains chercheurs estiment que le réchauffement climatique est la cause première de la guerre en Syrie.

Et si certaines guerres étaient liées au réchauffement climatique? Alors que François Hollande a préparé la conférence sur le climat organisée par Paris en décembre 2015, en se rendant aux Philippines, un pays fortement touché par le réchauffement climatique, avec Marion Cotillard et Mélanie Laurent, des scientifiques réfléchissent sur l’impact du réchauffement sur nos sociétés contemporaines. Si les Philippines, pays en développement, dont une couche de la population souffre de grande pauvreté, est sujet aux catastrophes naturelles, la Syrie est en proie à la guerre, une guerre causée par différents phénomènes.

« La recrudescence des conflits violents est le signe le plus frappant des effets cumulés du changement climatique. »

En effet, comme l’expliquent les scientifiques du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) dans un rapport de février 2015, «Moins d’eau et de ressources alimentaires, des migrations accrues, tout cela va indirectement augmenter les risques de conflits violents». 

« Elle s’est ajoutée à tous les autres facteurs, contribuant ainsi au conflit »

«Dans un certain nombre de pays africains, la recrudescence des conflits violents est le signe le plus frappant des effets cumulés du changement climatique», s’était alarmé en 2012 l’Institute for Security Studies (ISS). Une étude de l’université de Columbia datant de 2015 souligne l’impact des problèmes climatiques dans une situation de guerre.

Pour l'ancien vice-président américain Al Gore, le changement climatique n'est pas étranger, entre autres facteurs, au conflit syrien. PHOTO GORAN TOMASEVIC, ARCHIVES REUTERS
Pour l’ancien vice-président américain Al Gore, le changement climatique n’est pas étranger, entre autres facteurs, au conflit syrien.
PHOTO GORAN TOMASEVIC, ARCHIVES REUTERS

«Nous ne disons pas que la sécheresse est la cause de la guerre mais qu’elle s’est ajoutée à tous les autres facteurs, contribuant ainsi au conflit», qui a fait au moins 200 000 morts et déplacé des millions de personnes, souligne Richard Seager, un climatologue de l’Université Columbia, co-auteur de l’étude.

« La sécheresse a conduit un million de réfugiés dans les villes, où ils se sont trouvés face à un autre million de réfugiés »

Pour l’ancien vice-président américain Al Gore, le changement climatique n’est pas étranger, entre autres facteurs, au conflit syrien. «De 2006 à 2010, une sécheresse historique, liée au climat, a détruit 60 % des fermes de Syrie, 80 % du bétail et conduit un million de réfugiés dans les villes, où ils se sont trouvés face à un autre million de réfugiés fuyant la guerre en Irak», a-t-il déclaré à Davos le mois dernier.

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