Art et crypto-monnaies, un nouveau mariage reposant sur une solide confiance

Quand l’art utilise la Blockchain

Vendue un million de dollars le 14 février dernier, une œuvre du photographe Kevin Abosch consacrait l’union de deux secteurs d’activité pour lesquels la confiance est une valeur cardinale : l’art et la crypto-monnaie.

Tout comme les œuvres d’art, les crypto-monnaies peuvent s’apprécier avec le temps, surtout quand elles deviennent rares. Toutes deux peuvent être à ce titre considérées comme des actifs. 

La création de nouvelles œuvres est laissée à la portée de tous, tout comme l’émission de nouvelles monnaies cryptographiques dans la blockchain, le système immuable, décentralisé et ultra sécurisé des crypto-monnaies. Cette liberté ne garantit toutefois pas la performance ou la valeur ni de l’une ni de l’autre.

Le trafic d’œuvres d’art requiert des mécanismes de contrôle dont peuvent à contrario se passer les crypto-monnaies en raison de l’immuabilité de la blockchain. Quel est le niveau de coopération qu’entretiennent ces deux secteurs d’activités pourtant quelque peu éloignés ?

Bitcoin art  Photo DR
Bitcoin art
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De nouvelles options pour les amateurs d’art

L’avènement des crypto-monnaies n’a laissé aucun secteur d’activité sans un minimum de transformation. Dans le monde de l’art, au printemps 2017, s’est tenue une exposition particulière où les amateurs étaient invités à payer les œuvres d’art en Ether, la seconde crypto-monnaie par la taille de sa capitalisation de marché. Dénommée AYM pour Art de la génération Y et nouvelle Monnaie, cette exposition était consacrée aux artistes nés entre 1980 et 2000.

Cette initiative serait motivée par la part de plus en plus croissante de cette génération dans les rangs des collectionneurs. Un rapport de l’assureur Hiscox attribue en effet la croissance des ventes en ligne d’œuvres d’art à ces nouveaux collectionneurs. Très à l’aise avec les nouveaux moyens de paiement, ces jeunes sont également de la tranche d’âge qui a cru la première dans les crypto-monnaies. Ils sont nombreux à acheter Bitcoin par Paypal et se tiennent informés des nouvelles crypto-monnaies.

Bitcoin art  Photo DR
Bitcoin art
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Selon l’artiste Romy Alizée, les crypto-monnaies devraient permettre d’ouvrir encore plus le marché de l’art, qu’elle juge contrôlé par « un cercle très réduit » de personnes et de galeries.

Selon le même rapport Hiscox, 59 % des collectionneurs de la génération Y envisageraient d’adopter à l’avenir ces nouveaux modes de paiement. Leur engouement pourrait donc faire évoluer encore davantage le marché alors qu’ils avaient contribué à la croissance annuelle de 15 % enregistrée dans les ventes entre 2016 et 2017, faisant passer le marché mondial à 3,42 milliards d’euros.

Au nombre des initiatives marquant la coopération des mondes de la Blockchain et de l’art, on pourrait citer également l’offre plus récente, mars 2018, de la Dadiani Fine Art Gallery qui à Londres, a proposé à ses collectionneurs de payer aussi en crypto-monnaies. Les oeuvres de l’artiste Paul Wager se sont ainsi échangées entre 4.7 et 9.7 bitcoins.

L’art, les crypto-monnaies et le mythe de David et Goliath

L’artiste Kevin Abosch, l’auteur de « The Forever Rose » qui est parti contre un million de dollars a expliqué ne pas posséder de crypto-monnaies, mais être séduit par la force de changement des actifs cryptographiques. « Ce qui m’intéresse avant tout, c’est la notion qu’ont les gens de la valeur sur la blockchain et la manière dont celle-ci renverse les rapports de force entre les grosses institutions et les gens ordinaires » a-t-il déclaré.

En effet, le rêve de Satoshi Nakamoto, le probable créateur du Bitcoin, la première crypto-monnaie crée, est de voir le système financier traditionnel remplacé par un autre plus transparent. Son idée était d’établir au lendemain de la crise des subprimes (hypothèques) de 2008 un nouveau rapport de confiance des populations dans un tout nouveau système financier porté par la blockchain.

Source : https://www.instagram.com/p/BfGoaTFhGgS/

Impliqué sur d’autres projets du même genre dont « IAMA coin », l’artiste Kevin Abosch a reversé les fonds de la vente de son premier « crypto-art » à une ONG.

Immatérielles, ces œuvres ne peuvent être exposées dans aucun musée et sont vendues par morceaux, sous forme de tokens. Les tokens sont en informatique des jetons correspondants à des bouts de code qui portent une information. 

Les monnaies cryptographiques sont une révolution technologique et sociologique. L’art a toujours été le reflet de notre société, ainsi ce monde de création intègre les valeurs qui entourent la blockchain dans leurs créations et les reflètent.

Citons pour conclure Kevin Abosch : “J’ai créé une oeuvre d’art et les gens spéculent. J’ai créé une oeuvre d’art sur laquelle je n’ai plus aucun contrôle une fois qu’elle est vendue.”

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