Afrique : Au Mali, la révolution de l’hydrogène naturel

Hydrogène naturel : vers une nouvelle révolution énergétique en Afrique ?

Il y a quelques années encore, la possibilité de son exploitation divisait la communauté scientifique. Aujourd’hui, les experts estiment que cette énergie renouvelable non polluante pourrait déclencher une nouvelle révolution énergétique.

Comme l’explique le magazine Sciences & Avenir, au Mali, un entrepreneur a lancé la première unité au monde de production électrique d’hydrogène naturel.

Et si le futur énergétique mondial se dessinait à Bourakébougou ? C’est dans ce village sahélien, situé à soixante kilomètres au nord-est de Bamako, que l’entrepreneur malien Aliou Boubacar Diallo a lancé depuis 2012 la première exploitation-pilote de production d’électricité à partir d’hydrogène naturel. Un pas en avant considérable vers l’utilisation à grande échelle de cette énergie propre.

Bourakébougou : laboratoire de la révolution verte

Le gisement d’hydrogène naturel de Bourakébougou a été découvert par inadvertance par les populations locales en 1987. Les habitants l’ont rapidement bouché, car le sifflement de l’hydrogène s’échappant du sol les inquiétait.

Garantir l’approvisionnement électrique du Mali et même fournir des surplus pour l’exportation

Au début des années 2000, Aliou Boubacar Diallo, et sa société d’exploration minière Petroma Inc., obtiennent les concessions de Bourakébougou, jugées alors moins favorables à la découverte d’hydrocarbures que celles octroyées par le gouvernement malien dans le nord du pays.

Produire de l’électricité à base d’hydrogène naturel

Lors des sondages à Bourakébougou, les scientifiques ont eu la surprise de découvrir de l’hydrogène naturel, composé à environ 98% d’hydrogène et 2 % de méthane, un taux très élevé dans ce domaine.

Aliou Boubacar Diallo a alors décidé d’installer dans le village une unité pilote, la première au monde, pour produire de l’électricité à base d’hydrogène naturel. L’utilisation industrielle du gisement de Bourakébougou pourrait, à terme, garantir l’approvisionnement électrique du Mali et même fournir des surplus pour l’exportation. Une électricité dont le coût de revient est cinq fois inférieur à celui du marché national malien.

L’hydrogène naturel : carburant du futur ?

La formidable opportunité que représente l’hydrogène naturel n’est apparue aux yeux de la communauté scientifique que récemment. Jusqu’en 2010 il existait même un consensus selon lequel cette ressource n’existait pas dans les sols terrestres à intensité suffisante pour son exploitation, mais uniquement sous la mer.

Quand des scientifiques russes ont confirmé un gisement dans le nord de la Russie, en 2010, les experts français Éric Deville et Alain Prinzhofer se sont rendus sur place pour constater un fait qu’ils pensaient impossible : la présence l’hydrogène naturel sous la terre. 

Fascinés par cette découverte et ce qu’elle implique, ils ont publié en 2015, l’ouvrage « Hydrogène naturel. La prochaine révolution énergétique ? », dans lequel ils se demandent si nous sommes « à l’aube d’une nouvelle révolution énergétique ? ».

Ce fort potentiel de l’hydrogène naturel est confirmé par les chercheurs de l’Institut des sciences de l’univers (affilié au CNRS), qui estiment

« qu’il règne au sein de la sphère politique, des organisations écologiques, des analystes de l’énergie et des grands industriels un sentiment croissant selon lequel l’hydrogène représente le carburant de l’avenir et qu’il révolutionnera la façon dont nous produisons et consommons l’énergie ».

Un avis logiquement partagé par Aliou Boubacar Diallo, pour qui, « l’hydrogène naturel est une opportunité pour le Mali qui, pour la première fois, est pionnier dans le monde dans un domaine de pointe : la production d’électricité sans émission de CO2. »

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