Doit-on interdire certains chants et certaines banderoles dans les stades de football ?

Football et rivalités : les insultes vont-elles trop loin ?

Alors que les pouvoirs publics, les autorités et les supporters sont tous unanimes face à la violence et le racisme dans les stades, les chants et les flyers tendancieux sont encore monnaie courante dans les stades de Ligue 1. Doit-on les interdire ?

« Marseille est une ville où règne le sida »

Dimanche soir, lors du match entre les deux Olympiques, un flyer signé du groupe ultras Bad Gones a été distribué dans le virage aux supporters. Sur ce flyer, on pouvait lire notamment la phrase suivante : « Marseille est une ville où règne le sida », extrait d’un chant entendus dans plusieurs stades de Ligue 1 dans les années 90 / 2000. Le flyer a été immédiatement condamné par le club de l‘OL qui envisage de porter plainte. 

Pourtant, ça n’est pas la première fois que le groupe Bad Gones fait parler de lui. Des banderoles insultantes vis à vis des stéphanois (notamment sur le passé historique de la ville avec les mines) aux phrases misogynes lues dans les travées du stade, en passant par les chants rabaissants, notamment vis à vis de leurs voisins verts ou marseillais. Tandis qu’à Geoffroy Guichard, on entend à chaque match « Lyonnais bande de PD », parisiens et les marseillais en prennent également pour leur grade.

Les parisiens, les niçois ou les montpelliérains eux, chantent « Marseille en flammes » une incitation à la violence entendues au Parc des Princes par les plus jeunes d’entre nous, nos petits frères ou nos enfants, élevés à la culture foot dès la maternelle. Car le foot est aussi fait de rivalités historiques entre clubs. Si les supporters stéphanois traitent les lyonnais de PD, ça n’est non pas par rapport à la sexualité de ces derniers, mais bien « histoire d’insulter les voisins ».

Les insultes, notamment homophobes, sont extrêmement courantes dans ce sport.  Selon  une enquête Ipsos pour l’association Foot ensemble à l’occasion de la journée internationale de lutte contre l’homophobie le 17 mai dernier, réalisé auprès de 2176 participants, 25% des français ont avoué tenir des propos homophobes devant un match de football.

Le stade est-il un défouloir ?

Si l’UEFA a condamné plusieurs clubs en Europe pour des chants insultants (notamment en Italie ou en Russie) aucune instance ne s’est encore prononcé suite aux insultes homophobes dans les stades de Ligue 1. La LFP n’a pas vraiment d’avis sur la question pour l’instant.

La FIFA a, quant à elle, sévit pendant la Coupe du Monde. Alors que les supporters ont entonné des « puto » pendant le match face à l’Allemagne l’instance disciplinaire de la Fifa a condamné la fédération mexicaine à une amende de 10.000 dollars [8.600 euros]. « Puto » signifie prostitué de sexe masculin. On peut entendre cette injure depuis des années dans les stades mexicains lorsqu’un gardien dégage un ballon. (on entend des jurons similaires en France, à propos des femmes des joueurs…)

Mais qu’en pensent les collectifs en faveur de la défense des homosexuels ? Le collectif Rouge Direct a annoncé en mai dernier, à l’occasion de la Journée internationale contre l’homophobie, son intention d’attaquer en justice la Ligue de football professionelle (la LFP).

« Le stade est un défouloir. Les gens y vont, oublient la journée de travail, hurlent. Il y a trop de passion, il faut aussi modérer toutes ces passions », explique Yoann Lemaire, premier joueur de football professionnel à avoir révélé son homosexualité

Selon Yoann Lemaore, lorsque ‘un individu, qu’il soit chef d’entreprise ou lycéen qui crie L’arbitre, c’est un enculé, c’est une tarlouze, c’est un PD ! il ne se rend pas compte que c’est minable et discriminant. 

Qu’en pensez-vous ? Pensez-vous que les insultes dans les stades de football devraient être condamnées ? En Italie, la Juventus, la Roma, l’Inter ou encore la Lazio ont tous été condamnés lors de ces dernières années pour des banderoles ou des chants offensants. L’Inter avait notamment été condamnée pour une banderole rappelant la tragédie du Heysel lors d’un match face à la Juventus. La Roma a été condamnée pour des chants anti Napoli. L’AC Milan a également eu des matchs à huis clos pour des chants à destination de la Juventus.

J’ai volontairement choisi de ne pas mentionner les actes isolés de certains supporters condamnées ou prochainement condamnés par la justice, tels que les croix gammées, les saluts fascistes ou des banderoles méprisantes à propos des migrants, qui font malheureux l’actualité en Europe en ce moment. Car il me semble que ces actes, à portée politique, et condamnés par la justice, ne sont pas à mettre dans le même panier.

Le stade, un outil de propagande ?

Le vrai danger est lorsque des individus membres de groupuscules extrémistes infiltrent les associations de supporters afin de répandre leurs idées dans les stades, et faire de la propagande. Ainsi, la BSN, les Boulogne Boys ou encore la Cosa Nostra, 3 associations de supporters ultra aujourd’hui dissoutes, ont eu fait de la politique dans leur tribune. 

 

 

 

 

 

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