Vers un essoufflement du crowdfunding ?

En 2009, le financement participatif révolutionnait les codes de la finance en démocratisant l’accès aux investissements. À la suite d’un départ en flèche, plus de 10 années plus tard, ce nouveau modèle économique de financement à la portée du tout un chacun s’essouffle. Vue d’ensemble sur les années fastueuses du crowfunding et de son ralentissement.

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Le crowdfunding, un investissement vraiment rentable ? Photo Pixabay DR

Changement de codes dans l’investissement particulier

C’est en 2009 que l’aventure commence avec une montée en flèche du nombre de plates-formes en France. La promesse est grande, singulière et manifestement populaire, ce qui n’est sans bouleverser les règles de l’investissement. En effet, les particuliers auront le loisir de financer – en ligne et directement – les projets de leurs envies. Autrement dit, les détenteurs de projets disposent d’un moyen de financement autre que celui d’une banque classique.

Ses fonctionnalités sont relativement simples et son développement transparent. De fait, la plate-forme est un partenaire intermédiaire entre l’investisseur et le porteur de projet, et ce, en offrant des contreparties à ses investisseurs. Dès lors, toute la puissance et l’intérêt du crowfunding résident dans sa capacité à réussir sa campagne de financement participatif.

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Le crowdfunding n’a plus le vent en poupe Photo DR

Les prémisses de la baisse

Le succès du crowfunding ne cesse de grandir au fil des années. En 2018, les plates-formes françaises enregistrent plus de 400 millions d’euros collectés contre près de 170 millions à son démarrage. Malgré une progression notable, la croissance du financement participatif fait du sur-place.

Pour comprendre ce ralentissement, les plates-formes françaises mettent en avant la prudence des investissements qui se dirigent davantage vers la certitude d’un placement financier. Par ailleurs, les professionnels du secteur évoquent également la fin de la « vogue » de ce nouveau modèle.

De surcroît, le crowfunding souffre de la concurrence imposée par les banques. En effet, le secteur bancaire a su se ressaisir face à l’effet de mode du financement participatif, en réduisant notamment ses taux d’emprunt. Ce qui, par voie de conséquence, a considérablement contribué à l’essoufflement du financement participatif.

Évolution stratégique

Dans ce contexte de ralentissement – causé notamment par la concurrence bancaire – , certaines plates-formes ont, ces dernières années, réajusté leur fenêtre de tir en modulant leur stratégie aux réalités du marché et de ses caractéristiques.

Certaines se sont alliées avec des investisseurs traditionnels pendant que d’autres se faisaient racheter. Ce fut le cas, par exemple, de la plate-forme KissKissBankBank acquise par la banque postale ou encore de la plate-forme Leetchi acquise par le Crédit Mutuel. Quant à la plate-forme Unilend, qui s’est spécifiée dans le prêt, a connu une issue on ne peut plus funeste avec la déclaration de sa liquidation judiciaire, mais non moins rachetée par la plate-forme Pret up.

Figurant sur la troisième marche du podium du secteur du financement participatif, elle n’a accordé que 33 millions d’euros depuis ses débuts. La somme est jugée modeste quand on la met en comparaison avec les prêts accordés par les banques dites traditionnelles.

Néanmoins, ce ralentissement couplé au sursaut stratégique du secteur des investissements n’empêche pas la créativité, en témoigne de la campagne publicitaire osée de Tabasco au Mexique.

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